Clubs de golf suisses avec année de fondation

Les 100 installations de Swiss Golf par ordre alphabétique et en détail au format PDF

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Parcours de golf disparus en Suisse

Christoph Meister avec une introduction de Martin Hodler

Golf Club Axenfels (1906–1939)

Selon la tradition, c’est en 1904 à Axenfels, près de Brunnen, qu’a été prise la première initiative d’aménager un terrain de golf. Le parcours de 9 trous, d’une longueur de 2200 yards, est mentionné pour la première fois dans le Golfer's Handbook de 1908 et dans le Golfing Annual de 1909-10. L’existence du terrain de golf est ainsi confirmée au moins à partir de 1907, comme l’écrit notamment The London Evening Standard du 11 juin 1908: «Au Palace Hôtel, tous les visiteurs, à de très rares exceptions près, sont des Anglais, [...] Le terrain de golf aménagé l’année dernière a considérablement augmenté l’attrait de l’hôtel.» Comme souvent en Suisse, il s’agit donc ici d’un parcours d’hôtel ou d’un terrain initié par des hôteliers. L’annuaire de la Fédération allemande de golf (DGV) de 1926 indique 1906 comme date de création du golf d’Axenfels.

Le 10 septembre 1909, Golf Illustrated (Royaume-Uni) rapporte que le club d’Axenfels vient d’élire son comité pour 1910, composé de Messieurs William Ward (1er président et capitaine), Herbert S. March (secrétaire honoraire du Lucerne Golf Club ainsi que de l’Association suisse de golf, P. Schnack, Emil Cramer et Dr. E.F. Eliot (secrétaire honoraire). Richard Winch du Royal Blackheath Golf Club de Londres fait office de deuxième président.

En outre, il est annoncé que des modifications et des améliorations seront apportées au parcours avant le printemps 1910. Un joli clubhouse sera construit, avec des vestiaires pour hommes et femmes et un putting green de 10 trous. Les greens seront réensemencés, de sorte que les clients trouveront un terrain de golf très satisfaisant en 1910. Enfin et surtout on apprend qu’un livre de règles a été édité et qu’il peut être demandé au secrétaire d’honneur du Golf Club Axenfels.

Le premier pro semble avoir été G. Roberts. Le vendredi 30 août 1912, un tournoi pour professionnels, organisé par l’Association suisse et d’Europe centrale de golf, s’est déroulé à Axenfels. W. Freemantle, St. Moritz, a gagné avec 131 coups devant B. Calloway, Maloja, 133 coups et Carter, Zurich, troisième avec 134 coups.

Dans le Nisbet's Golf Year Book de 1912, on pouvait lire: «Le parcours est situé à trois minutes du Palace Hôtel de Brunnen, entre le lac et le village de Morschach, avec une belle vue sur le lac et les montagnes. Des obstacles naturels, un bon gazon et des greens.»

Le parcours de golf se trouvait au-dessus de la rive du lac des Quatre-Cantons et était la propriété du Palace Hôtel.

Le terrain a été fermé pendant la Première Guerre mondiale, mais a été rouvert après la guerre. H. Nelson-Gay, un Américain qui a passé la plupart de l’année à Rome, était le président du club. Le club a remporté trois fois le trophée de l’Association suisse de golf. En 1925 et 1926, Arthur Padley, originaire de Barton-on-Sea, était le professionnel de golf établi à Axenfels.

En juillet 1927, le Surrey Advertiser rapportait que le 7 juillet, M. George West, capitaine du West Byfleet Golf Club en Angleterre, avait eu l’honneur de remporter le trophée n° 2 au terme d’une fin de parcours extrêmement tendue, après avoir réussi quelques putts exceptionnellement longs.  

Golf Club Axenstein (1925–1939)

La ligne de Brunnen à Axenstein via Morschach, inaugurée en 1905, est considérée comme le chemin de fer à crémaillère hôtelier le plus connu. Après de longues tergiversations sur le système ferroviaire et le tracé de la ligne, un chemin de fer à crémaillère a vu le jour. Il partait du Grand Hôtel à la sortie du village de Brunnen et se terminait au Grand Hôtel Axenstein après 2,5 kilomètres de montée; l’hôtel Axenfels se trouvait à la station intermédiaire de Morschach, dans la grande courbe du tracé de chemin de fer. Avec la démolition de l’hôtel après la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise, presque entièrement axée sur le service de desserte des hôtels, a subi de grosses pertes. La fermeture de l’hôtel Axenstein à l’automne 1964 a finalement porté un coup fatal au chemin de fer. Au printemps 1969, l’exploitation a cessé et les installations ont été démolies.

En 1925, le club de golf Axenstein a adhéré à l’Association suisse de golf.

Monsieur Hürbin, l’aubergiste qui possédait également l'hôtel situé à proximité, en fut l’initiateur. Le journal français Le Golf rapportait que Monsieur Hürbin ne connaissait malheureusement pas grand-chose au jeu. Le parcours a d’abord été enregistré comme parcours de 18 trous, puis réduit à 11 trous après que certains clients se sont plaints. L’architecte de golf français Noskowski a constaté un jour que le terrain n'était suffisant que pour 5 trous, mais pas pour 11.

En 1928, le Golfer's Handbook annonçait 59 membres, le secrétaire honoraire étant le lieutenant-colonel H W Fairholme, le professionnel et greenkeeper, P G Shoesmith. Le terrain dispose de 11 trous et le green-fee est de 5 francs par jour.

Le parcours était constamment en mauvais état et a été exclu de l’ASG en 1932. Les années suivantes, de 1933 à 1937, le Golfer’s Handbook 1933 à 1937 décrivait chaque fois un parcours sportif de 9 trous, à 2400 pieds au-dessus du niveau de la mer; à 15 minutes de la gare de Brunnen. Visiteurs: 3 francs par jour. Avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, le terrain a été fermé.

Depuis 2008 (année de l’adhésion à l’ASG), il existe à nouveau un golf dans les collines au nord de Morschach, sous le nom de Golf Club Axenstein.

Bad Ragaz Golf Club (1904–1939)

Il existe des indications selon lesquelles on jouait déjà au golf à Ragaz dans les années 1890. Dans un premier temps, un terrain de golf plutôt simple a apparemment été aménagé à l’extérieur du village en direction de Mastrils, dans la région de Fluppi, juste en face du «Paradiesli», qui était surtout fréquenté par des Anglais qui y passaient quelques jours pour s’acclimater au climat suisse lors de leur passage en Engadine.

Le premier «vrai» parcours de golf a été aménagé dans la région de Heulöser, sur les rives du Rhin. Les travaux de construction commencèrent en avril 1904. Enfin, le 24 juin 1904, Golf Illustrated (U.K.) rapportait ainsi:

«Depuis quelques années, le golf est un passe-temps populaire à Ragaz au printemps et en automne, mais l’ancien terrain se trouvait au-dessus de prairies où, en été, l’herbe longue rendait le jeu impossible; et l’on estimait que, si le jeu devait vraiment être un complément solide aux ressources de la localité, des links utilisables toute l'année étaient absolument nécessaires.»

Après des difficultés considérables avec les propriétaires fonciers et compte tenu d’un loyer élevé, un paysage magnifique fut assuré par Messieurs Simon, qui possédaient beaucoup de terres à Ragaz, et le 12 avril (1904), le terrain de golf fut officiellement ouvert et inauguré par un charmant déjeuner en plein air. Ceux qui, parmi les joueurs anglais, étaient les mieux qualifiés pour en juger, déclarèrent qu’il s'agissait d’un très bon parcours – «il promet d’être le plus beau parcours 9 trous à l’intérieur de l’Europe», fut l'opinion d’un golfeur après son premier tour, et aussi celle d’un autre joueur qui avait testé la plupart des links britanniques et continentaux.

Sans surprise, l’année de l’ouverture, il y avait encore des choses à faire, puisque les greens devaient encore être entretenus et qu’il a été signalé qu’un pavillon serait bientôt construit et qu’un professionnel serait embauché.

Si l’on compare les plans de 1905 et de 1928, on constate que des modifications ont été apportées à l’agencement. Le clubhouse a été agrandi, mais il se trouvait toujours au même endroit dans les années 1920 et 1930.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, le parcours de Heulöser a été victime de ce qu’on a appelé le «Plan Wahlen», qui a fait que des milliers d’hectares de terres ont été transformés en surfaces agricoles. En mai 1942, on a appris que 60 ouvriers de la brasserie Hürlimann avaient fiévreusement travaillé pendant trois mois pour transformer l’ancien terrain de golf de Ragaz en surface agricole utile. Là où des Yankees en surpoids pratiquaient autrefois leur sport favori, la charrue régnait désormais en maître. Des collines ont été déblayées, des fossés ont été creusés et du maïs, de l’orge et des pommes de terre ont été récoltés. Les travailleurs étaient logés dans deux casernes et dans le clubhouse réaménagé.

Immédiatement après la guerre, le golf n’a pas été considéré comme une priorité et il a fallu attendre le 17 janvier 1956 pour qu’un club de golf soit à nouveau créé et qu’un terrain de golf soit construit sur le site actuel du club de golf de Bad Ragaz. Ce parcours de 9 trous a été officiellement inauguré le 18 mai 1958 et est encore en service aujourd’hui, y compris divers agrandissements et transformations.

Golf Club de Bâle, Saint-Louis, France (1926–1939)

Le Golf Club de Bâle a été fondé en 1926 et a occupé deux terrains avant de déménager à son emplacement actuel. Immédiatement après la création du club, la construction d’un parcours de 9 trous a commencé à la rue de la Fontaine à Saint-Louis, en Alsace. Un clubhouse petit mais confortable a également été construit et le parcours (par 37) a été inauguré en 1927.

Tout comme l’actuel troisième parcours du club, ce premier terrain de golf sur le sol français se trouvait à Saint-Louis, juste aux portes de la ville. Dès sa création en 1926, le Golf Club Basel, comme il s’appelait alors, était membre de l’Association suisse de golf.

La construction du parcours à St. Louis a été supervisée par le professionnel de golf anglais Arthur W. Tingley de Croydon, qui a travaillé pendant plus de 50 ans au Golf Club Basel (aujourd’hui Basel Golf & Country Club). Dès le 17 août 1932, Arthur W. Tingley a établi un remarquable record de parcours avec 69 coups. Au début de la Seconde Guerre mondiale, le terrain a été fermé et labouré. La frontière avec la Suisse a été fermée avec une barrière de fil de fer barbelé.

Golf Club de Bâle, Lörzbachmühle (1947–1964)

Après la guerre, Arthur W. Tingley s’est immédiatement mis au travail pour relancer le golf à Bâle. En mai 1947, le parcours de St. Louis a rouvert ses portes avec 9 trous. Malheureusement, le clubhouse, utilisé par les bergers locaux, était en très mauvais état. Le club s’est donc mis à la recherche d’un nouveau terrain approprié et l’a trouvé à Lörzbachmühle près d’ Allschwil, dans le canton de Bâle-Ville.

Le nouveau terrain de golf a été conçu et construit par Arthur W. Tingley en union personnelle et a ouvert en 1949. Ce parcours a existé jusqu’en 1967, un driving range n’ayant été construit qu’en 1965.

Les records de parcours étaient les suivants: amateur, O. F. Dillier 32; professionnel, R. Tingley 30. Les neuf trous avaient une longueur de 2380 yards et un SSS de 34. Le club comptait 170 membres. Les tarifs pour les visiteurs s’élevaient à 7 francs par jour. La gare de Bâle était accessible en 20 minutes en tramway.

Au début des années 1960, A. W. Tingley et son fils R. Tingley étaient professeurs de golf. Le club comptait 190 membres (250 à partir de 1963). Le parcours (9 trous) avait une longueur totale de 4795 yards et un SSS de 65. Les frais pour les visiteurs s'élevaient à 8 francs par jour, 12 francs le week-end.

Dès 1957, l’initiative a été prise de trouver un terrain pour un nouveau parcours de championnat de 18 trous. En 1964, le terrain de golf actuel du Basel Golf & Country Club (qui s’appelait Golf Club Basel jusqu'en 1962) a été conçu à Hagenthal, en Alsace voisine (France), selon les plans de l’architecte allemand Bernhard von Limburger. Le parcours actuel se trouve entièrement sur le territoire français et n’est distant que d’environ un kilomètre de l’ancien parcours de Lörzbachmühle/Schönenbuch BL, qui se trouvait directement à la frontière française.

Golf Club de Berne, Gurten (1934–1958)

Vers 1934, on a commencé à construire sur les collines du Gurten un terrain de golf de 9 trous, qui a été achevé en 1936 et qui portait la signature de Donald Harradine. Harradine était à la fois architecte de golf, teaching pro et head greenkeeper à Berne. En 1937, le Golf Club Bern comptait déjà 150 membres.

Le parcours de 9 trous avait un SSS de 34 ainsi qu’un par de 32 (respectivement pour 9 trous). En 1938 et 1939, on comptait 100 membres, E. Kernen est mentionné en 1939 dans le Golfer's Handbook écossais en tant que secrétaire du club.

Le parcours du Golf Club de Berne était situé dans un environnement magnifique. Les photos montrent l’ancien terrain de golf au milieu d’un paysage superbe avec vue sur l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le terrain de golf du Gurten, comme de nombreux autres terrains de golf en Suisse, était utilisé à des fins agricoles, et l’on disait alors «des pommes de terre à la place du golf».

Barbara Harradine, qui a vécu sur le Gurten de 1944 au printemps 1948, se souvient (2008): «Des céréales étaient désormais cultivées sur les trois plus beaux trous du parcours, avec une vue magnifique sur les Alpes, et des pommes de terre étaient plantées sur d’autres surfaces pour approvisionner l’hôtel Bellevue. Lorsque certains membres s’en sont aperçus, une véritable bataille de cultures a commencé et même les membres du Golf Club Bern ont commencé à récolter eux-mêmes des pommes de terre sur le Gurten.»

A cette époque, seuls six trous étaient en service sur le Gurten, un par 3 court mais de mauvaise qualité a encore été ajouté pendant les années de guerre pour revenir vers le clubhouse – ce trou a été abandonné à la fin de la guerre, après qu’on eut réactivé les trois trous auparavant affectés à l’agriculture. Le premier et le septième trou ont ensuite été joués deux fois pendant les années de guerre, afin d’arriver à une boucle de 9 trous.

«Pendant la guerre, le terrain était entièrement tondu à la main par des faucheuses de greens, les 4 à 5 ouvriers marchant côte à côte, légèrement décalés, pour tondre les fairways, ce qui était très amusant», racontait Barbara Harradine en 2008.

A la fin de la guerre, le golf a continué sur le Gurten, mais le nombre de membres était tombé à 80 en 1947. Le secrétaire du club était désormais Peter Kehrli (société Kehrli & Oeler), qui était également président de la Fédération suisse des agences de voyage. Les tarifs pour les visiteurs s’élevaient à 5 francs par jour et 20 francs par semaine.

En 1955, la ville de Berne résilia le contrat de bail pour la fin de l’année 1958. Parallèlement, le nombre croissant de golfeurs sur le Gurten rendait la recherche d’un nouveau terrain de golf inévitable. En octobre 1958, la revue Golf a rendu compte du dernier championnat de club disputé sur le Gurten, au cours duquel «les braves greenkeepers italiens» avaient remis le terrain en très bon état. Walter Bossi et Nelly Geelhaar ont remporté la victoire et sont ainsi entrés dans les annales de l’histoire du golf à Berne en tant que derniers champions du club du Gurten. Dans la dernière édition de la revue «Golf» en 1958, il est dit que l’adieu à l’ancien terrain était douloureux. «On a officiellement fait ses adieux au clubhouse en organisant une fête très réussie, joyeuse et intime. De l’avis général, il était dommage d’avoir eu cette idée si tard... nous sommes des Bernois après tou!»

Les officiels du club s’étaient déjà mis à la recherche d'un nouvel emplacement pour le terrain de golf au milieu des années 1950.

Celui-ci a finalement été trouvé à Blumisberg, près de Wünnewil, où le parcours de 18 trous conçu par Bernhard von Limburger a été mis en service en 1959 sous le nom de Golf & Country Club Blumisberg.

Aujourd’hui, le golf est toujours pratiqué sur le Gurten mais sous forme de disc golf!

Davos Golf Club (1927–1961)

La première pierre du Davos Golf Club (nom actuel: Golf Club Davos), qui n'existe plus aujourd’hui, a été posée à la fin du 19e siècle.

Le premier à avoir joué au golf à Davos pendant la cure de sa femme aurait été le célèbre Sir Arthur Conan Doyle (1852 - 1930), le père spirituel de Sherlock Holmes.

Comme il n’y avait pas encore d’infrastructure de golf à Davos à cette époque, il devait aménager lui-même son terrain à côté du Kurhaus. Il a tenté d’introduire le golf à Davos, mais n’y est pas parvenu faute de personnes intéressées. Dans son récit («Memories and Adventures»), les vaches auraient en outre eu la curieuse habitude de dévorer les drapeaux rouges.

Vers la fin du 19e siècle, les Anglais jouaient au tennis devant l’hôtel Belvédère (devenu plus tard le Steigenberger Belvédère) et au cricket à proximité. Il n’est pas étonnant que, appartenant à une nation de golfeurs, ils se soient demandé «Why can we get no golf here?» (Pourquoi il n’y a pas de golf ici?). The Davos Courier, le journal de l'époque destiné aux visiteurs anglais, rapporte avec enthousiasme dans son édition du 21 septembre 1900 que cinq hôtels de Davos se sont associés pour créer un parcours de golf. Une semaine plus tard, on apprend que tout était parfait et qu’on pouvait déjà jouer «eight holes».

Ce n’est qu’en été 1906 qu’on parle à nouveau de la création d’un terrain de golf à Davos. A trois reprises, The Davos Courier rapporte qu’après la fenaison, un terrain sera ouvert au lieu dit «auf den Böden» et qu’il était même prévu qu’un pro compétent donnerait des cours de golf. On ne sait pas si cela ne s’est jamais produit. En tout cas, pendant plusieurs années, le golf n’était plus à l’ordre du jour dans les Davoser Blätter et The Davos Courier.

Ce n’est que 20 ans plus tard, en 1927, que deux initiateurs se sont adressés au Kurverein et ont suggéré la construction d’un terrain de golf pour relancer l’activité thermale. A la fin de l’été 1927, sous la direction du pro de Bad Ragaz A.C. Hockey, un Garden Golf de 9 trous avec une longueur de 54 à 78 yards par trou vit le jour.

En 1929, deux Anglais firent une nouvelle tentative pour populariser le golf. Ils décidèrent de fonder un club de golf et d’agrandir le terrain existant à long terme. Le 14 juin 1929, ils ont porté le Davos Golf Club sur les fonts baptismaux. Le club est devenu le 15e membre de l'ASG.

En 1931, le terrain situé devant l’hôtel Angleterre a pu être loué. L’agrandissement du terrain rendit le jeu beaucoup plus attrayant. Trois trous plus longs ont été ajoutés: 250, 230 et 140 yards. Le parcours avait alors une longueur totale de 1400 yards.

En 1937, le club comptait 50 membres.

En 1941, le terrain de golf a été épargné par le Plan Wahlen, un programme d’autosuffisance alimentaire pendant la Seconde Guerre mondiale. On soulignait l’attrait touristique pour les clients des hôtels. De plus, le terrain ne se prêtait pas à l’agriculture en raison du sous-sol pierreux.

Après la Deuxième Guerre mondiale, de plus en plus d’indigènes se sont mis à jouer au golf. Durant la saison 1954, le golfeur européen de haut niveau Roger Cotton est venu enseigner le golf à Davos. Il fut notamment le coach de l’équipe nationale suisse junior, qui devint championne d’Europe par équipe en 1972 à Eindhoven.

Finalement, à la fin des années 1950, un terrain a pu être trouvé à proximité de l’aérodrome, de la maison forestière et de la «Matta» pour un parcours plus grand (avec possibilité d’extension à 18 trous). Cela a eu pour conséquence que la saison 1961 a été la dernière pendant laquelle on a joué au golf sur l’ancien terrain du Kurhaus.

Engelberg Golfclub (1923–1929)

Le club de golf d’Engelberg, qui a rejoint l’ASG en 1923, n’a pas duré longtemps. Il se situait sur la Gerschnialp, près du café Ritz.

Extrait de The Bystander mercredi 29 août 1923: «Une nouvelle intéressante nous parvient d’Engelberg, station de vacances très prisée de Suisse centrale. Un nouveau terrain de golf vient d’être inauguré, ce qui constitue une attraction supplémentaire à côté du curling, du hockey sur glace, du ski et de la luge, pour lesquels cette station est célèbre à juste titre.»

En 1926, Le Golf fait état d’un «très beau parcours, qui nécessiterait toutefois plus d'attention». Dès 1929, le terrain a été abandonné et, bien qu’il ait été prévu de rouvrir le terrain en 1932, les golfeurs d’Engelberg ont dû attendre jusqu’en 1998 pour qu’un nouveau parcours soit inauguré sous le nom de Golfclub Engelberg-Titlis.

Golf Club de Flims (1920–1948)

Le Golf Club de Flims-Waldhaus a rejoint l’ASG en 1920.

Le parcours était assez court, avec seulement 1371 mètres pour 9 trous. Les greens étaient très petits. Lors d’une visite à Flims, l’architecte de golf français Noskowski a découvert un green de seulement 16 m² que les golfeurs devaient aborder d’une distance d’environ 140 mètres.

Les records de parcours étaient les suivants: amateurs 57 (J. Junker); professionnels 54 (D. Jardini). Le parcours de neuf trous avait un SSS de 66 (joué deux fois). Le parcours se trouvait à 15 minutes de la gare de Flims. Les tarifs pour les visiteurs s’élevaient à 4 francs par jour et 15 francs par semaine.

Le terrain a été fermé en 1948. La raison n’est pas connue.

Golf Club de Genève-Charmilles (1898–1908)

D’après le Golfing Annual britannique de 1900-1901, le Golf Club de Genève a été fondé en 1898 et disposait d’un parcours de 9 trous au Parc des Sports des Charmilles. Selon la tradition, le Golf Club des Charmilles a été fondé sous la présidence d’un certain Monsieur Colgate, issu de la célèbre dynastie industrielle. Le terrain a existé pendant dix ans environ.

En décembre 1899, le magazine britannique Golf Illustrated rapportait que le parcours de Genève était au moins aussi bon que celui de Biarritz. Le terrain était sous la responsabilité du professionnel Covington, qui avait également conçu le terrain et qui était un pro local. «Le parcours est excellent, il y a de bons bunkers et une petite rivière qui traverse le parcours sert d’obstacle sportif.»

En 1902, Golf Illustrated écrivait que la Société du Parc des Sports, bien qu’indépendante et autonome, était une succursale de la Société des intérêts de Genève, dont la mission était de mettre à la disposition de ses membres des installations sportives, notamment pour le golf et l’équitation. La longueur du terrain très sélectif était de 2500 yards (= 2286m), avec de grands greens ondulés toujours bien entretenus. Il est également mentionné que le terrain a été conçu avant tout pour accueillir un grand nombre de visiteurs américains et britanniques. A l’exception de deux mois par an lorsque la neige rendait le terrain impraticable même avec des balles rouges, le terrain était ouvert tout le reste de l’année.

En 1904, le journal britannique The King, His Army, His Navy rapportait dans son numéro du 29 octobre 1904 que le terrain de golf le plus connu en Suisse était probablement celui de Genève. «Il a été fondé en 1898 essentiellement par des membres de la communauté britannique. Situé aux Charmilles, une agréable banlieue de la ville, il se compose de 9 trous. Des haies et des fossés constituent les obstacles, tandis qu’il faut aussi négocier de grands bunkers. Le club se porte très bien et compte déjà plus de 200 membres.» Par ailleurs, il a été signalé que de nombreux golfeurs en provenance d’Aix-les-Bains venaient compléter leur séjour de cure à Genève.

La description des obstacles ainsi que certaines photos laissent supposer que le terrain se trouvait au moins en partie à l’intérieur de l’hippodrome des Charmilles.

Golf Club de Genève à Plan-les-Ouates (1908–1914)

Le 3 octobre 1906, Le Temps rapportait, en se référant à l’Anglo-American Gazette, qu’un nouveau parcours de golf verrait le jour le 1er mai 1907. Il s’agirait d'un golf de 18 trous sur un terrain appartenant à onze propriétaires différents et à de nombreux fermiers. Le 20 juin 1906, un accord a été signé pour trois ans et le club était officiellement constitué, adoptant un règlement (11 articles) le 20 septembre. Une courte liste des premiers membres est donnée: MM/ Colgate, Oswald Pictet, MM. Ch. Vernet, Achard, de Lessert, Mlle Peyrot ...

En mai 1907, le journal britannique The Queen rapportait dans son édition du 25 mars «si vous avez entendu parler de l’extension du terrain de golf des Charmilles, ce n’est pas exact, car nous sommes en train de créer un nouveau terrain de 18 trous à Plan-les-Ouates, de l’autre côté de la ville. Bien sûr, le terrain est neuf et rugueux, mais nous espérons qu’avec le temps, nous pourrons le remettre en bon état. Avec ses 5790 yards (=5295m), il est le plus long de Suisse et sera l’un des terrains les plus sportifs du continent grâce à ses magnifiques bunkers naturels. Plan-les-Ouates est accessible en 25 minutes en tramway depuis Genève. Les trams partent toutes les heures du Quai de la Poste et s’arrêtent en face du clubhouse.»

Le lundi 20 avril 1908, le journal écossais Dundee Courier rapportait que l’ouverture du nouveau parcours de 18 trous de Plan-les-Ouates, à Genève, était prévue pour début mai 1908. «Le terrain, qui s’étend sur une longueur de 3¼ miles (environ 5200m), devait être ouvert il y a quelques semaines déjà, mais sur les conseils d’un expert, quelques modifications ont été apportées au parcours avant qu’il ne soit ouvert au jeu.»

Comme le rapporte le London Evening Standard dans son édition du 24 juillet 1908, la médaille d’argent du club, disputée à Genève, a été remportée par l’Américain H. Bates.

Le secrétaire honoraire était le Dr R.S. Taylor et A. Covington, pro à Nice en hiver et pro à Genève en été. Le tarif journalier pour les hommes et les femmes était de 3 francs, la cotisation pour la saison était de 100 francs pour les hommes et de 75 francs pour les femmes.

On sait peu de choses sur ce que s’est passé ensuite, mais il est très probable que le terrain de golf ait été déjà fermé au début de la Seconde Guerre mondiale en 1914.

Golf Club de Genève à Onex (1922–1974)

En 1922, le Golf Club de Genève a été fondé à l’initiative d'Edouard Weber, directeur de la Société des intérêts de Genève, et de quelques diplomates de la Société des Nations. Après avoir d’abord voulu créer un véritable Country Club avec des courts de tennis et des écuries au Lignon, le choix s’est finalement porté sur Onex, car il était facilement accessible en tramway. L’année suivante, le parcours de 18 trous fut aménagé, le premier départ se trouvait à l’emplacement de l’actuelle école du Cycle du Marais et le bâtiment de l’actuelle Auberge d’Onex servait de premier et modeste clubhouse.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les fairways ont été utilisés comme terres agricoles conformément au Plan Wahlen. Après la Seconde Guerre mondiale, les professeurs de golf étaient G. Barras et E. Costaz. Le club comptait 200 membres. Les records de parcours étaient les suivants: Amateurs: Capitaine F. Francis et Nadi Berruti, 63; professionnels: Alex Ross, 62. Le parcours de 18 trous avait un SSS de 71.

Au milieu des années 1950, le nombre de membres était passé à 250. La longueur du parcours a été portée à 6000 yards. Les records étaient détenus par les amateurs Nadi Berruti et Otto F. Dillier (67) et le professionnel A. Miloda (69). Les tarifs pour les visiteurs s’élevaient à 10 francs par jour. Dans les années 1960, le terrain mesurait 6800 yards avec un SSS de 73.        
Dès 1960, des plans ont été publiés qui prévoyaient la construction d’une route traversant le parcours d’Onex. En 1969, le canton de Genève a racheté le terrain au Golf Club de Genève. A l'origine, il était prévu de construire l’Université III et un campus sur ce site.

Après des années de recherche, un terrain a été trouvé sur le Domaine de Bessinge à Cologny pour la construction d’un nouveau terrain de golf. L’architecte de golf Robert Trent Jones Senior s'est chargé de la construction du nouveau terrain qui a été inauguré en 1973. Juste avant le déménagement, le club comptait 550 membres.

Aujourd’hui, le clubhouse d’origine est devenu l’Auberge d'Onex, tandis que le deuxième clubhouse, ouvert encore en 1965, est utilisé par les Evaux (Onex) comme partie du centre intercommunal de sport, de détente et de nature. De nos jours, le site de 55 hectares comprend des terrains de football, un stade d’athlétisme, un skate-park, une aire de jeux pour enfants, un parc d'aventure, une piste de jogging, des courts de tennis et un parcours de disc golf de 18 trous, qui a accueilli le championnat d’Europe de disc golf en 2014.

Golf Club de Gstaad (1928–1939)

Le Golf Club de Gstaad a été fondé en juillet 1928 par des propriétaires d’hôtels locaux. Au début, le terrain de golf, situé environ à mi-chemin entre Gstaad et Saanen, entre la route nationale et la voie ferrée, était assez simple. Il n’y avait pas de locaux, seuls les touristes y jouaient. L’hôtel Alpenruhe servait également de clubhouse. Le terrain a été aménagé sur des prairies humides au bord de la Sarine, juste à côté de la «ligne de chemin de fer Montreux-Oberland-Bernois», entre les gares de Gstaad (à 1,5 km) et de Saanen (à 1 km).

En 1930, le journal français Le Golf rapportait que près de 50 golfeurs jouaient chaque jour sur le terrain, si bien que le professionnel Harry Fulford, qui avait auparavant travaillé entre autres au Touquet, avait du mal à satisfaire la demande de leçons de golf.

Le président du club était M. Pestalozzi du Palace Hôtel, M. Mösching de l’Institut Montesano était le trésorier et M. Fleming du Golf Hôtel Gstaad faisait office de secrétaire honoraire. Le parcours de 9 trous avait une longueur de 1940 mètres (pour 9 trous), avec un SSS de 33 et un Par de 37. Vers 1938, le parcours a été fermé.

Dès 1930, Le Golf rapportait que la construction d’un parcours de taille standard était prévue et que la vallée de Saanenmöser se prêtait si bien à un parcours de 18 trous. En raison de la Seconde Guerre mondiale, ces plans n’ont jamais été réalisés et le parcours de la Sarine a été fermé au début de la Seconde Guerre mondiale, même s’il figurait encore dans l’annuaire de l’ASG de 1946, avec toutefois la mention «fermé cette saison».

Ce n’est qu’en 1962 que le parcours actuel de 18 trous du Golfclub Gstaad-Saanenland à Saanenmöser, entouré d’une réserve naturelle et situé à 1400m d’altitude, a vu le jour, d’abord avec un parcours 9 trous.

Interlaken Golf Club (1904–1915)

Dans les premières années du 20e siècle, la Kurgesellschaft d’Interlaken a mis en place une commission chargée d’examiner toutes les questions liées à l’aménagement d’un terrain de golf.

Presque immédiatement, une zone appelée Höhematte, située juste devant l’actuel hôtel de luxe Victoria-Jungfrau Hôtel und Spa, a été désignée pour le projet. Les initiateurs n’étaient pas conscients qu’un terrain de golf régulier comportât 18 trous et nécessitait beaucoup plus de surface que celui disponible sur la Höhematte.

Le premier professionnel du golf à Interlaken, un certain M. Smith, arrivé le 15 mai 1903, a dû être au courant de ce fait et a informé la Kurgesellschaft que le terrain attribué était totalement inadapté à un terrain de golf.

L’ouverture du terrain de golf, initialement prévue pour 1902, a dû être reportée. En décembre 1903, les citoyens d’Interlaken ont décidé de louer un terrain d’environ 18,5 hectares aux golfeurs. M. Smith n’a apparemment pas apprécié la situation et a quitté Interlaken pour être remplacé par M. A.L. Chevalier de Valescure.

Sous la supervision de Chevalier, professionnel du golf, un terrain de golf a été aménagé par 25 ouvriers dans le «Neue Eye» et inauguré le 21 juin 1904. Aujourd’hui, l’ancien aéroport militaire d’Interlaken se trouve sur le site de ce terrain de golf qui n’a existé que pendant quelques années.

En 1907, Interlaken a accueilli le championnat international suisse, remporté par un Anglais du nom de H. L. Gaw. Dans ces années-là, les golfeurs se disputaient un imposant trophée en argent de 8,5 kg, le Kursaal Challenge. Ce trophée a encore été en jeu entre 1981 et 1994.

Dans un rapport du London Evening Standard de mai 1908, on pouvait lire: «Le terrain de golf d’Interlaken est considéré comme le meilleur de Suisse. Il est situé dans la plaine entre Interlaken et Bönigen, et il y a un joli pavillon avec un tea-room.»

Le Nisbet’s Golf Year Book 1910 et 1912 ainsi que le Spalding’s Golf Guide 1913 mentionnent que l’Interlaken Golf Club disposait d’un parcours de 9 trous. En 1912, l’Anglais Cecil Blandford, qui allait plus tard se faire un nom en tant qu’architecte de golf avec Peter Gannon, était secrétaire honoraire.

Avec l’éclatement de la Première Guerre mondiale, l’afflux de touristes américains et britanniques s’est interrompu et la situation financière du golf s’est considérablement détériorée. Cela a conduit à la fermeture du parcours en février 1915, il n’a pas rouvert après la guerre.

L’actuel Golf Club Interlaken-Unterseen a été fondé en 1963 sur un autre site, directement sur la rive est du Lac de Thoune, et a été construit d’après les plans de Bernhard von Limburger puis aménagé par Donald Harradine.

Lac de Joux (1907–1911)

Le Golfing Annual, 1908-1909, Vol. XXII, indique que le club a été fondé en 1907 et qu’il possédait un parcours de 9 trous. Certains journaux locaux (Le Matin, juin 1907) font de la publicité pour le Grand Hôtel du Lac de Joux et soulignent qu’un terrain de golf est adjacent à l’hôtel.

Golf Illustrated (Royaume-Uni) rapporte le 15 juin 1907 que le golf au Pont, Lac de Joux, Suisse, ouvrira ses portes. Il est indiqué que le parcours est très bien situé au-dessus du lac de Joux, derrière le Grand Hôtel, où les visiteurs peuvent trouver tout le confort nécessaire. Le parcours a été conçu par A. Covington, professionnel à Genève et à Nice, et était, selon lui, un beau parcours sportif et varié avec un bon gazon.

Il est intéressant de noter que ce parcours, situé à la frontière entre la Suisse (à environ 50 km au nord de Genève) et la France, était mentionné comme parcours français dans le célèbre livre Le Golf, publié en 1911 par le vainqueur de l’Open de 1907, Arnaud Massy.

Golf Club des Rasses, Sainte-Croix, Jura vaudois (1903–1940)

Le magazine britannique The Field rapportait dans son édition du 19 septembre 1903 que «le propriétaire du Grand Hôtel des Rasses, au-dessus de Sainte-Croix en Suisse, a aménagé un excellent parcours de 10 trous sur le plateau à côté de l’hôtel. La longueur du parcours est d’environ 3/4 de mile et il y a de nombreux obstacles naturels et bunkers. À cette altitude, 1100 m, l’herbe est toujours courte et même après les plus fortes pluies, le sol sèche à nouveau très rapidement. Il est dommage que le terrain ne soit pas plus fréquenté par les Anglais. Il y a de nombreuses possibilités d’excursions dans les environs et la vue est absolument imprenable par beau temps. Ce nouveau terrain de golf doit être le plus haut d’Europe, et je ne doute pas qu'il sera bientôt l'un des meilleurs du continent.»

L’existence du parcours de golf est confirmée dans le Golfing Annual 1903-04 ainsi que dans le Scottish Golfer’s Handbook de 1906. En 1908, le club s’est affilié à ASG, mais ce n’est qu’en 1916 qu'Edouard Baierle, le propriétaire du Grand Hôtel des Rasses, a commencé à verser un loyer annuel de 20 francs à la commune, de sorte que l’on ne sait pas dans quelle mesure le terrain a été utilisé au cours des années précédentes.

Le Golfer’s Handbook de 1933 contient l’entrée suivante pour le Golf Club des Rasses: 

  • nombre de membres: 35 ;

  • secrétaire: E. Baierle 

  • professionnel: G. Grisoni ; 

  • 9 trous , à trois miles de la station Sainte-Croix 

  • visiteurs: 5 francs par jour, 30 francs par semaine, 60 francs par mois 

  • saison: juin à octobre.

Plus tard, le terrain a été agrandi à 18 trous, comme l’atteste entre autres une carte postale. On suppose que le golf aux Rasses a pris fin à l’époque de la Seconde Guerre mondiale. L’exploitation semble avoir cessé en 1940. Il ressort d’une action disponible que l’hôtel était encore actif sous le nom de Golf Hôtel au moins jusqu’à la fin des années 1950. Le certificat d’action original dont dispose l’auteur a été émis en 1957 et fait référence à la société anonyme de l’hôtel, fondée en 1929. 

Lucerne Golf Club, Sonnenberg (1903–1914)

Selon le Dundee Courier du vendredi 3 avril 1903, le célèbre golfeur professionnel M. James Tabor a récemment quitté St Andrews pour le continent afin d’aménager un nouveau terrain de golf à Lucerne. Les trois dernières années, il était responsable du parcours de golf de Zurich et, avant même de rentrer chez lui l’automne d’avant, il a planifié le nouveau terrain de 9 trous à Lucerne. Jusqu’à la fin de cette saison (1903), il sera responsable de ce terrain.

Peu de temps après, à savoir le 26 juin 1903, le Lucerne Golf Club fut fondé. Il s’adressait principalement aux touristes anglais et américains. Un parcours de 9 trous a été ouvert sur le Sonnenberg. The Royal & Ancient Game of Golf décrivait le parcours comme «romantique, pittoresque et unique». Mais en raison du site étroit et parfois escarpé, une perspective durable pour le golf à cet endroit au-dessus de Kriens semblait vouée à l’échec.

Le grand-duc Michel de Russie, un golfeur passionné, fut le premier président du Lucerne Golf Club. En août 1904, on rapportait que le club organiserait un championnat suisse en septembre. Les inscriptions devaient être envoyées au secrétaire, M. S. Herbert Marsh, Hôtel Sonnenberg. Le championnat de Lucerne a eu lieu et a été rejoué en septembre 1905.

Dans le Nisbet’s Golf Year Book de 1912, on trouve cette description impressionnante du parcours: «Le siège principal du club est à Lucerne. Le parcours est situé dans un endroit magnifique et dominant, avec vue sur le lac des Quatre-Cantons et les Alpes qui entourent le lac du côté Rigi à l’est jusqu'au Pilate à l’ouest. Le parcours lui-même est très sportif et long d’environ 2500 yards, le trou le plus long faisant plus de 500 yards et le plus court environ 170 yards. Le terrain est très vallonné et le gazon est excellent. Les greens sont toujours en bon état, même en période de sécheresse.»

La Première Guerre mondiale et le manque de visiteurs qui en a résulté ont mis fin prématurément au jeu de golf sur le Sonnenberg. Les fairways ont été transformés et utilisés comme terres agricoles, tandis que l’hôtel Sonnenberg, autrefois luxueux, a été utilisé pour les internés de France et de Belgique.

En 1921, le golf a été relancé à Lucerne sur le Dietschiberg. Le terrain, d’abord aménagé en 9 trous, a ensuite été étendu à 18 trous et abrite aujourd’hui le Lucerne Golf Club.
 

Lugano Golf Club, Pazzallo (1909–1914)

Le 29 janvier 1909, Golf Illustrated (Royaume-Uni) a publié un article sous le titre «Un nouveau club de golf pour l'Italie».
Ce titre est bien sûr une erreur, car comme chacun le sait aujourd’hui, Lugano se trouve en Suisse et la région mentionnée n’est pas non plus en Italie.

«Les préparatifs du nouveau golf de Lugano progressent de manière satisfaisante. Les contrats de bail nécessaires ont été signés et il ne reste plus qu’à faire avancer les travaux. Le terrain a été soigneusement aménagé et est très bien situé. Le tramway de Castagnola emmène les visiteurs à la station de téléphérique de San Salvatore. De là, on atteint le parcours de golf en un quart d’heure.»

Une belle villa se trouve à côté, dans laquelle le comité prévoit d’aménager une salle du club, des vestiaires et une cuisine. Ce pavillon du club de golf deviendra certainement un grand centre social.

Il ne fait aucun doute qu’une fois les travaux terminés, Lugano disposera d’un terrain de golf de très bonne qualité. Le terrain se prête très bien à cet effet et il y a tout lieu de penser que l’on pourra jouer dès ce printemps, puisque plusieurs greens provisoires seront aménagés, tandis que les greens permanents seront créés et ensemencés pour la saison d’automne. Le club reçoit beaucoup de soutien. Un facteur important est le leader du club, M. Hamilton, le vice-consul britannique, qui est très impliqué dans le développement de la vie sociale à Lugano.»

Trois mois plus tard, le 30 avril 1909, on trouvait dans Golf Illustrated (Royaume-Uni) le rapport suivant:

«Golf à Varenna - à l’éditeur de Golf Illustrated.

Monsieur, après avoir vu dans l’édition parisienne d'un quotidien de vendredi dernier un long reportage sur le terrain de golf de Lugano, je pense qu’il est prudent, dans l’intérêt des golfeurs qui, comme moi, sont à la recherche d'un terrain de golf à l’étranger, de vous informer que ce terrain est actuellement dans un état totalement inachevé. Il y a une villa avec l’inscription Lugano Golf Club, les emplacements de différents greens sont marqués et un est en construction, mais je n’en ai pas trouvé de green entièrement construit. Le terrain est assez mal en point. Je vous prie de croire, Sir... UN GOLFEUR.»

Le 17 septembre 1909, le même magazine rapportait ce qui suit à propos de Lugano:

«La tâche d’aménager le terrain de golf a été difficile, mais les plus grandes difficultés sont maintenant surmontées, et Kay, le professionnel, est attendu dans le courant de la semaine, et dans quelques jours, on verra les golfeurs sur le parcours. Le terrain promet d’être plutôt bon. Cinq greens ont été entièrement construits et ensemencés sous la supervision de W.S. Hill, le professionnel du Menaggio and Cadenabbia Golf Club. L’ouverture officielle aura lieu vers la fin du mois. Le rez-de-chaussée d’une villa directement adjacente au terrain de golf a été transformé en clubhouse, comprenant une salle du club avec vue sur le terrain de golf, des vestiaires pour hommes et femmes et d'autres locaux.»

Comme l’écrivait le Corriere del Ticino le 21 octobre 1909, le terrain de golf couvre une superficie de 12 hectares. Le même journal confirmait que l’ouverture officielle du terrain avait eu lieu le 19 octobre 1909.

Le 24 mars 1911, Golf Illustrated (Royaume-Uni) a rendu compte des améliorations apportées à Lugano:

«Le terrain de golf est en excellent état, grâce à M. W.P. Ward, qui passe des journées entières sur le parcours pour superviser les travaux confiés à Ghigo, le professionnel du golf de Axenfels. Le colonel Woodward, capitaine du club, et l’honorable secrétaire, G.F.McGarel-Hogg, devraient bientôt arriver. M. McGarel-Hogg est également secrétaire du club de Samedan, et il faut espérer que quelques membres de ce club ainsi que des visiteurs du sud de la France viendront ici. On peut enfin féliciter Lugano d’avoir un vrai bon terrain de golf, à vingt minutes de la ville à pied.»

Le 10 octobre 1912 Golf Illustrated (Royaume-Uni) a informé ses lecteurs sous la rubrique «Association de golf de Suisse et d’Europe centrale», que la « ilver Shield Replica» a été jouée à Lugano, le 19 juillet 1912.

On suppose que le terrain de golf a cessé de fonctionner avec le début de la Grande Guerre, car le dernier article sur le terrain de golf se trouve dans le Corriere del Ticino du 29 mai 1914, dans lequel on peut lire qu’une dame anglaise donne des cours de golf.

La Gazzetta Ticinese rapporte le 19 janvier 1916 que le Golf Club Lugano a dû déposer le bilan et que les actifs restant du club seront vendus aux enchères le 11 mars 1916.

L’actuel Golf Club Lugano a été fondé en 1923 avec le parcours  qui existe encore aujourd’hui à Magliaso, non loin de l’aéroport de Lugano à Agno.

Et voici le lien vers le site de cet ancien parcours de golf de 9 trous à Pazzallo, autrefois une commune à part entière, aujourd’hui un quartier de la ville de Lugano et plus précisément à l’endroit où se trouve actuellement Planet Lugano / Mercedes.

Golf Club Maloja, Engadine/Bergell (1891–1939)

En 1895 a eu lieu l’ouverture du terrain de golf de Maloja, qui a été aménagé entre l’hôtel Maloja Palace et le col de Maloja. Il s’agissait d’un parcours de 9 trous au par 34.

Le 31 août 1900, on pouvait lire dans Le Golf que le terrain de golf avait été aménagé par John Morris, le professionnel de Hoylake. George Dunn, qui travaillait à Biarritz en hiver, était le professeur de golf à Maloja.

En 1904, l’acteur George Alexander, un joueur de golf passionné, a été élu capitaine pour l’année en cours. En août, il participa avec une équipe à un match contre la Société de Golf de Paris. M. Alexander a mené son équipe à la victoire. Il a lui-même joué «all square» contre M. Pierre Deschamps, le capitaine de l’équipe de la Société de Golf de Paris et père du golf en France.

L’annuaire de la fédération allemande de golf de 1926 indique 1906 comme année de fondation de Maloja, mais il peut s’agir ici de la création du club, car selon les sources connus actuellement, le parcours a été inauguré en 1895. Entre 1925 et 1927, le parcours a été agrandi à 18 trous, pour être à nouveau réduit à 9 trous en 1931, après la crise économique mondiale.

Le club apparaît ensuite une dernière fois dans le Golfer's Handbook 1947. A. Gow y est indiqué comme professionnel. Les tarifs pour les visiteurs étaient de 5 francs par jour, 20 francs par semaine et 100 francs pour toute la saison. Bien que le terrain soit mentionné en 1947, on suppose qu’il ait été abandonné entre 1939 et 1945, car le Golfer's Handbook aimait répéter les entrées de l’année précédente à défaut de réponse du club concerné.

Golf de Neuchâtel (1904–1914)

Le 5 août 1904, le magazine britannique Golf Illustrated faisait déjà état d’un terrain de golf à Neuchâtel avec deux illustrations:

«Les amis du jeu royal et ancien qui séjournent en Suisse sont bien servis. Tous les centres de vacances populaires où les vacanciers et les touristes se rassemblent en grand nombre sont pourvus de parcours de golf. Bien qu’ils n'atteignent peut-être pas le niveau de ceux de Hoylake et de St. Andrews, ils remplissent néanmoins très bien leur fonction. Les parcours les mieux aménagés se trouvent peut-être à Genève et à Neuchâtel. Le dernier est un parcours de neuf trous et est réputé pour l’excellence de ses greens. Certains bunkers sont plutôt effrayants et il faut une bonne dose d'entraînement pour les franchir de manière satisfaisante. Le parcours de Neuchâtel est à juste titre populaire et très fréquenté. Il est situé à une demi-heure de marche de la ville, au pied du Jura, et offre une vue magnifique sur les montagnes enneigées qui s'élèvent vers le ciel.

Le clubhouse est un bâtiment confortable à deux étages avec une véranda. Les jours de match, c'est le grand rendez-vous social de la ville. La cotisation au club est très modérée et les visiteurs sont librement admis à bénéficier des privilèges d'une adhésion temporaire. Pour les caddies, on fait appel aux nombreux petits garçons qui vivent dans le quartier. Il y a rarement un manque de caddies car le paysan suisse moyen a la chance d’avoir une famille nombreuse. Outre les clubs de Genève et de Neuchâtel, d’autres clubs ouverts aux visiteurs de la Suisse se trouvent à Lucerne, Maloja, Thoune, Saint-Moritz et Montreux. L’abonnement saisonnier varie de 50 à 20 francs. Ces tarifs sont réduits pour les joueuses. Le golf a grandement contribué à la popularité de la Suisse en tant que station de vacances et les clubs de golf sont maintenant aussi courants que les alpenstocks dans l’attirail des Britanniques et des Américains. Pour ceux qui souhaitent combiner le golf et les voyages pendant leur séjour en Suisse, Neuchâtel est un endroit idéal.»

À partir de 1908 environ, ce terrain de golf n’est plus mentionné.

Neuchâtel Golf Club, Pierre-à-Bot (1928–1975)

Nach dem Ersten Weltkrieg dauerte es beinahe 10 Jahre bis zur Gründung des Golf Club de Neuchâtel 1928. Der Neuenburger Industrielle Eugène De Coulon, der eine Zeit seines Lebens in Kalifornien verbracht hatte, lernte dort das Golfspiel kennen. Zurück in der Schweiz fand er in Pierre-à-Bot, an der Strasse von Neuenburg nach Chaumont gelegen, ein geeignetes Gelände und liess dort einen 9-Loch-Golfplatz anlegen. Im Jahr 1930 trat der Golfclub dem Schweizerischen Golfverband bei.

Eugène De Coulon, nunmehr Direktor der Câbles de Cortaillod,kann damit ohne Zweifel als Vater des von Schweizern reinitiierten Golfsports in Neuchâtel bezeichnet werden.

Während des 2. Weltkrieges wurde das Golfplatzareal umgepflügt und die Bevölkerung baute auf den ehemaligen Fairways Weizen und Kartoffeln an. Nach Friedenschluss wurde der Golfplatz mit leicht verändertem Layout wieder eröffnet. 

Da der Platz in unmittelbarer Nähe der Stadt lag und eine schöne Aussicht auf die Schweizer Alpen und den Neuenburger See bot, gleichzeitig ruhig gelegen war, verbesserte sich die Situation schnell und der Club zählte schon bald 180 Mitglieder. 

1960 erklärte die Stadt Neuenburg, dass sie den Pachtvertrag für das Gelände nicht verlängern würde. Das war ein grosser Schock für den Club, und es musste sich nach einem neuen Standort umgesehen werden. 1975 wurde dann der neue von dem deutschen Golfarchitekten Bernhard von Limburger entworfene 18-Loch-Platz in Voens, in Betrieb genommen und der Golfclub firmiert seitdem als Golf & Country Club Neuchâtel.

So ist heute das ehemalige Golfclubhaus mit Café alles, was noch an den zweiten (ersten?) Neuenburger Golfplatz erinnert.

Golf Club des Salines de Bex (1927–1933)

Vers 1927, un terrain de golf court mais apparemment exigeant a été aménagé dans le beau parc du Grand Hôtel des Salines, à côté des mines de sel, traversé par de petits ruisseaux et doté d’arbres exceptionnels. 

En 1931, Le Golf français rapportait que «Bex n’est qu’une toute petite localité, située à une altitude de 430 mètres, ce qui la met à l’abri des vents du Nord et lui donne un climat très salubre. Le nom de Bex-les-Bains lui vient de ses eaux très riches en chlorure de sodium qui ont fait sa célébrité, à tel point que ses eaux sont considérées comme étant les plus lithinées en Europe.» Le Golf indique également que le parcours 9 trous a été aménagé il y a environ trois ans et que l’on y joue de nombreuses compétitions en été. Le terrain initié par Jacques Chauvet a malheureusement dû être fermé en 1933.

San Gian Golf Club, St. Moritz (1904–1914 und 1927–1940)

C'est en 1904 que le terrain de golf de San Gian a été ouvert pour la première fois. Afin de satisfaire le nombre toujours croissant d'amateurs de golf, l’association des thermes décida d’aménager un nouveau terrain de golf à St. Moritz Bad. Un correspondant écrit en 1904: «On a choisi un bon terrain, situé derrière l’établissement thermal et s’étendant en direction de la forêt qui borde les rives de l’Inn. Une inspection du terrain laisse supposer qu’avec le soin nécessaire et sous la direction d’un spécialiste en la matière, il devrait bientôt devenir aussi bon que n’importe quel autre en Engadine. Les greens sont maintenant rugueux et trop petits, mais il n’y a aucune raison pour qu’il ne devienne pas, avec le temps, comparable aux meilleurs ici...» (Source: Engadine Golf Club, 1893-1993, p. 134).

Les différents trous ont une longueur de 155m, 148m, 267m, 208m, 296m, 198m, 183m, 326m et 237m, soit un total de 2018 mètres. La présente illustration, tirée du journal britannique Illustrated London News du 6 juin 1914, devrait donc être l’une des dernières photos du premier terrain de golf de San Gian, avant que celui-ci ne soit fermé, probablement au début de la Première Guerre mondiale, en raison de l’absence d'affluence touristique.

En 1927, le terrain de golf de San Gian a été rouvert comme terrain de golf d’été (saison du 15 juin au 15 septembre) selon les plans de Peter Gannon. Le parcours comportait 9 trous d’une longueur de 2037 m et avait un par de 36. Les membres du Samedan Golf Club bénéficiaient de green fees à prix réduit.

Comme nous le rapporte Ueli Lamm de St. Moritz, le parcours San Gian a débuté à proximité de l’actuel hôtel Kempinski – une photo montre le pro de golf de l’époque donnant des cours à une dame avec le Piz Julier en arrière-plan. Selon les informations d’Ueli, la photo aurait été prise à peu près à proximité de l’Inn, là où se trouve aujourd’hui le parking du téléphérique du Signal.

Le terrain de golf de San Gian a dû être abandonné en 1940.

Golf Club de St. Moritz (1891–1897)

Le 26 juin 1891, la revue britannique Golf a fait état pour la première fois de la construction d’un terrain de golf à St. Moritz. Près de deux mois plus tard, le 14 août 1891, Golf a ensuite fait rapport sur l’ouverture tardive du terrain de golf:

«Comme nous l’avions annoncé il y a quelque temps dans ces colonnes, un club de golf a été créé à St. Moritz, en Engadine. Le jeu aurait dû commencer le lundi 3 août, mais l’ouverture du terrain a dû être reportée en raison du mauvais temps. Il s’agit d'un parcours de 9 trous qui est sportif, pour ne pas dire difficile. Il est magnifiquement situé et est probablement le plus haut du monde, puisqu’il se trouve à près de 6000 pieds au-dessus du niveau de la mer.»

Comme le montre un dessin du Daily Graphic du 15 juin 1891, ce premier terrain de golf de St. Moritz avec 9 trous se trouvait directement sur la rive, entre le lac et le village de St. Moritz, sur un terrain en partie très escarpé et donc difficile pour un terrain de golf. La règle locale n° 1 prévoyait entre autres qu’une balle de golf frappée dans le lac devait être frappée à nouveau depuis l'endroit où le premier coup avait été joué. La règle n° 6, qui prévoyait qu’un joueur ayant besoin de plus de 65 coups par tour sur un parcours par ailleurs assez court, devait laisser passer tout joueur plus rapide au départ suivant, est également amusante.

En 1896, John Morris du Royal Liverpool Golf Club était pro à St. Moritz pendant la saison. Le Golf Club de St. Moritz a fusionné avec l’Engadine Golf Club de Samedan en 1901.

Golf Club de Thoune (1899–1914)

Le 3 mai 1899, le Journal de Genève rapportait que le département militaire suisse avait proposé à l’Office du tourisme de Thoune une parcelle de terrain sur l’Allmend pour y construire un terrain de golf, notamment pour attirer les touristes britanniques. Le 21 octobre 1899, le magazine britannique The Queen a confirmé l'existence d’un parcours de 18 trous à Thoune.

A peine deux mois plus tard, Golf Illustrated (Royaume-Uni) faisait également état, le 8 décembre 1899, d’un parcours de 18 trous à Thoune, et plus précisément sur la place d’armes. Comme l’écrivait le magazine, le terrain est ouvert d’avril à novembre et il se trouve sur un plateau qui offre une excellente vue sur les glaciers de l’Oberland bernois. «Le gazon est censé être très bien adapté au golf, car l’herbe n'est jamais longue. Il y a un 'resident professional' T. Freemantle qui donne des cours et répare les clubs de golf. Les abonnements peuvent être pris à la semaine, au mois ou à la saison, et les dames sont également admises.» Ce dernier point était loin d’être évident à l’époque, du moins au Royaume-Uni. Un petit chalet servait de clubhouse et la pension Itten, dans la Länggasse, était notamment recommandée comme hébergement.

Dans le Golfing Annual, volume XIV (1900-1901), il est noté que le club a été fondé en 1899, qu’il offre un parcours de 9 trous et que le secrétaire honoraire réside à l’hôtel Bellevue. Dans une édition ultérieure, le nom du secrétaire honoraire est E. Bilmaier à l’hôtel Thunerhof. L'’xistence de ce terrain de golf «à proximité de la gare» a également été confirmée dans la revue britannique The King, His Army, His Navy du 29 octobre 1904. Le club de golf a été mentionné pour la dernière fois dans la dernière édition du Golfing Annual (1909-1910).

Le Britannique Robert Maxwell, propriétaire de la pension Itten, peut donc très probablement être considéré comme le père du golf à Thoune, une tradition que l’actuel Golfclub Thunersee, situé à quelques mètres de l'Allmend, continue.

Golf Club du Lac de Thoune (1923–1940)

La situation est beaucoup plus claire en ce qui concerne l'ouverture d’un terrain de golf en 1923 à Einigen, entre Thoune et Spiez. En 1923, l’association nouvellement créée et désignée dans la presse anglophone sous le nom de Lake Thoune Golf & Country Club a construit un terrain de golf de 9 trous sur un terrain loué à la société Kanderkies SA. Ce terrain a été solennellement inauguré le samedi 29 mai 1923 en présence de l’ambassadeur britannique en Suisse, Sir Joshua Milne Crompton Cheetham (1869-1938), qui a frappé le premier coup. S’ensuivit un match d’ouverture de joueurs professionnels, remporté par Alex Ross de Genève avec 119 coups, devant Walley Marks (Thoune, 127) et H. B. Roberts (Montreux, 135).

En 1923 déjà, le Swiss Open 1923 a été disputé pour la première fois à Einigen et a été remporté par le pro genevois Alex Ross avec 149 coups. Les deux années suivantes, le Swiss Open a également été joué au bord du Lac de Thoune. En 1924, les deux frères anglais Boomer sont venus et c’est Percy Boomer (Golf de St. Cloud) qui a gagné (150 coups), puis en 1925, le vainqueur était à nouveau Alex Ross avec 148 coups.

Pour faciliter l’accès, un service de navettes en bateaux à moteur a même été mis en place les années suivantes pour rejoindre l’autre rive du lac. Finalement, un débarcadère spécifique fut aménagé et inauguré le 11 mai 1929.

Le parcours de 9 trous d'Einigen se trouvait directement au bord du lac. Admis au sein de l’ASG dès son ouverture en 1923, il a été fermé après le début de la guerre en 1940, le terrain ayant dû céder la place à des cultures agricoles. La société Kanderkies SA, qui avait acquis en 1911 l’ensemble du delta de la Kander sur la rive droite et y avait construit une usine de traitement du gravier, une fabrique de pierres ainsi qu'une cimenterie et une usine de béton, a ensuite créé une exploitation agricole modèle sur l’ancien terrain de golf pour approvisionner la population en temps de guerre.

Sur les photos aériennes ci-dessous, on voit bien comment, dès la deuxième moitié des années 1930, le terrain de l’usine s’étend sur des parties du terrain de golf.

Golf Club Trümmelbach, vallée de Lauterbrunnen (1963–1970)

A peine deux ans avant l’ouverture de l'actuel terrain de golf d’Interlaken-Unterseen (1964), les travaux de construction d’un terrain de golf à Trümmelbach-Lauterbrunnen ont débuté le 22 octobre 1962.

Le parcours de 9 trous, d’une longueur de 2900 m (par 70), a été aménagé sur une surface de plus de 22 hectares et conçu par Donald Harradine, le célèbre architecte de golf suisse d’origine britannique.

Dès 1959, une initiative a été lancée par Fritz Borter, propriétaire du Palace Hôtel de Wengen, et Karl Molitor, double médaillé olympique en ski alpin (1948 à St. Moritz) et propriétaire d'un magasin de sport à Wengen. Le 2 mars 1963, le club de golf a été officiellement fondé, les deux initiateurs assumant respectivement les fonctions de président et de capitaine.

Au milieu de l’année 1964, le club comptait 45 membres adultes et 7 jeunes. Un an plus tard, le nombre de membres actifs s’élevait à 66. Financièrement, le club n’a jamais été très solide et en 1970, il ne comptait plus que 50 membres.

L’ouverture en 1964 du parcours de 18 trous d’Interlaken-Unterseen, à moins de 20 km, était tout à fait contre-productif dans ce contexte. En juin 1970, le parcours de Trümmelbach a été fermé et le club fut dissous.

Dans le Golfer’s Handbook, le club est mentionné ainsi en 1970: Jakob Kressig était teaching pro; 90 membres; parcours de 9 trous de 2900 m, par 72; green fee journalier 10 francs, 12 francs le week-end.

Golf Club de Villars (1922–1967)

En 1922, le Golf Club de Villars a adhéré à l’ASG. Charles Génillard, directeur de l’hôtel Villars-Palace, avait aménagé un parcours de 9 trous dans le parc de son hôtel. 

La même année, Le Golf rapportait que les départs et les greens du parcours étaient acceptables, mais que le reste du terrain était en très mauvais état. On espérait toutefois que le professionnel anglais William Freemantle, accompagné de ses fils Maurice, Reginald et Wilbur, améliorerait la situation. Le trou le plus long mesurait 272 mètres, le plus court 85 mètres.

Après la Seconde Guerre mondiale, D. Picchiottino a été secrétaire et professionnel de golf au Golf Club de Villars. D. Welch détenait le record de parcours pour les amateurs avec 64 coups, alors que le record pour les pros était détenu par J. Hills avec 63 coups.

Le club comptait 80 membres. La gare de Villars se trouvait à trois minutes. Les tarifs pour les visiteurs étaient de 5 francs par jour, 21 francs par semaine et 90 francs par saison qui durait du 15 juin au 15 septembre.

Au milieu des années 1950 et jusque dans les années 1960, J. L. Chable était secrétaire et V. Camata greenkeeper. Le nombre de membres était alors de 50. Records de parcours: amateur, M. Marquoz 63 (G. Poupon 61 dans les années 1960); pros, J. L. Chable 57. Le parcours était long de 3588 yards (3280 mètres) pour 18 trous, le SSS était de 66.

Le parcours a été fermé en 1967 en raison d’investissements immobiliers. Par la suite, le club a construit dans les années 1970, au-dessus de Villars, dans le domaine skiable de Plan-de-Four, un parcours de 18 trous très exigeant en termes de condition physique.

Golf Club Vitznau-Park Hôtel (1903-1905)

Dans les années 1902/1903, Anton Sebastian Bon (1854-1915), originaire de Ragaz et pionnier suisse de l’hôtellerie au 19e siècle, qui posséda plus tard entre autres le Suvretta House à St-Moritz, construisit le nouveau Park Hôtel à Vitznau. Bon a aménagé un petit terrain de golf autour de son Park Hôtel Vitznau. Il n’a été utilisé que pendant trois saisons.

Golf Club Vitznau-Buochs (1921–1929)

Vers 1921, un Suisse est retourné dans son pays pour reprendre un hôtel sur les rives du lac des Quatre-Cantons. Ce Confédéré s’était familiarisé avec le golf aux Etats-Unis et le hasard a voulu qu’il descende une fois à St Andrews pour quelques jours au Rusack’s Hotel, déjà connu à l’époque. C’est bien là que quelques Écossais se sont efforcés d’enseigner les secrets du golf à cet Helvète.

Le virus du golf s’est emparé d’hôtelier suisse, car il a rapidement aménagé un parcours de 9 trous derrière son hôtel par l’aide d’un Ecossais et c’est ainsi qu’est né le club de golf Vitznau-Buochs, du côté sud du Bürgenstock. A l’époque, plusieurs Britanniques vivaient à Vitznau, où aucun terrain ne se prêtait à la construction d’un parcours de golf car le Rigi s’élève à pic depuis le lac, et on les emmenait en bateau jusqu’à Buochs, où ils faisaient leurs tours de golf.

C'est à Nice que notre Helvète a rencontré Auguste Boyer, qui est ensuite venu pour la première fois en Suisse et a assumé, en tant que professionnel, la modeste tâche de promouvoir ce jeune parcours de golf. Malheureusement, les quelques Anglais ne suffisaient pas à assurer une saison de golf et, d’une certaine manière, Buochs se trouvait du mauvais côté du lac, trop éloigné de l’actualité, même si quelques golfeurs lucernois passaient de temps en temps.

Dans l’ensemble, ce club de golf, qui a adhéré à l’ASG en 1924, n’a eu qu’une durée de vie très courte et Boyer a rapidement passé ses étés comme professeur de golf à Lucerne, sur le Dietschiberg.

Greenkeeping – de la faux au robot de tonte

Aux débuts du golf, l’entretien des greens consistait à tondre le gazon de nos pâturages suffisamment court pour pouvoir y jouer. Aujourd’hui, greenkeeping est un métier reconnu qui va bien au-delà de la tonte du gazon et du nettoyage des bunkers. Au troisième millénaire, les greenkeepers sont responsables de l’équilibre entre la nature, la gestion et le plaisir des golfeurs

Sans greenkeepers, pas de terrain de golf. Aussi importants que soient les professionnels de l’entretien des parcours pour notre sport, ils n’occupent pas le devant de la scène. Leur travail s’effectue rarement sous les yeux des golfeurs, mais souvent tôt le matin ou en fin de journée. Les annales des clubs de golf répertorient soigneusement les noms des présidents et des capitaines, et on y trouve encore certains classements de tournois datant des années fondatrices. Mais les références aux greenkeepers sont rares.

Chevaux, moutons et corvées

Dans l’Alpine Post du 1er août 1891, on pouvait lire à propos du premier parcours de golf de Suisse, celui de Saint-Moritz: «Le plus grand soin a été apporté à l’entretien parfait du green. On a bien roulé, et l’herbe a été coupée court. Cependant, comme le foin poussait encore récemment sur  les nombreux terrains sur lesquels on va bientôt putter, il ne faut pas s’attendre à des miracles pour l’instant.» Quelques jours plus tard, l’Engadine Golf Club a été fondé et un comité ainsi qu’un sous-comité pour le parcours ont été élus. Ce dernier veillait à ce que «le green soit tondu et les drapeaux plantés». Quatre ans plus tard, dans le cadre du 3e Engadine Amateur Open, «l’excellent travail du gardien du terrain Sabatelli» a été mentionné.

Les premières années du golf en Suisse ont été marquées par le travail de corvée des membres des comités. A Samedan, le Dr John F. Patterson a été responsable du terrain pendant les 30 premières années (!) d’existence des 18 trous. De 1911 à 1917, il a également occupé le poste de président.

Au cours de la première moitié du 20e siècle, la main-d’œuvre locale était sollicitée pour effectuer les travaux physiquement exigeants sur les parcours. Dans l’histoire du Golf Club Bad Ragaz, on peut lire pour la période autour de 1930: «Les établissements de bains et de cure ont engagé un pro de golf. Il ne donnait pas seulement des cours de golf... Deux ouvriers placés sous sa supervision semblent avoir suffi pour l’entretien du terrain.»

Dans la biographie consacrée à Donald Harradine, architecte de golf et père de la formation des greenkeepers en Europe continentale, Götz Mecklenburg donne un aperçu de l’entretien des parcours au début du 20e siècle: «Les tondeuses pour fairways étaient tirées par des chevaux qui étaient chaussés de housses en cuir afin d’éviter d’endommager le gazon. Les greens, en revanche, étaient tondus à l’aide de tondeuses à cylindre manuelles, qui n’étaient au début équipées que d’un moteur pour le mécanisme de coupe, mais devaient encore être poussées. Il existait des machines et des appareils pour toutes les tâches d’entretien, mais ceux-ci exigeaient un effort physique considérable.»

Les premières tondeuses à moteur

L’invention de la tondeuse à gazon est attribuée à Edwin Budding, un ingénieur anglais. Le premier modèle doté d’un moteur à essence a été commercialisé dès 1914. Budding a déposé un brevet pour sa tondeuse à cylindre le 31 août 1930. Les premières tondeuses autoportées ont été développées dans les années qui ont suivi. En 1949, les premiers prototypes de tondeuses à lame rotative ont été présentés à Hanovre (Allemagne), mais leur production en série n’a commencé qu’au milieu des années cinquante. Les premières tondeuses robotisées ont fait leur apparition sur le marché dans les années 1990 et, depuis environ 2020, elles sont de plus en plus utilisées sur les terrains de golf.

Lors de la construction et de l’entretien des premiers terrains de golf en Suisse au début du 20e siècle, les tondeuses à gazon ont toutefois causé moins de soucis aux responsables que les graminées. «L’un des problèmes était la production de semences; ce n’est que dans la seconde moitié du 19e siècle que des mélanges de semences pour différents domaines d’application ont été commercialisés. Dans le même temps, on a commencé à arroser les pelouses et à les fertiliser davantage avec des matières organiques», écrit Mecklenburg dans la biographie de Harradine. Ces constat se réfère toutefois à la Grande-Bretagne, l’Europe continentale étant nettement en retard en matière d’entretien des parcours et des greens.

L'extrait suivant, tiré de l’histoire du Golfclub Interlaken-Unterseen rédigée par Urs Zaugg, montre à quel point cette question était abordée de manière pragmatique en Suisse en 1900: «L’exploitation agricole qui s’ajoutait au jeu de golf a été confiée à l’agriculteur Hans Roth à condition qu’il ‘maintienne’ l'herbe à un niveau raisonnable, c’est-à-dire à l’aide d’un troupeau de moutons.»

Les greenkeepers arrivent, les faux restent

L’après-guerre a fait bouger les choses dans le monde du golf suisse et a entraîné un changement dans l’entretien des parcours. En Europe continentale, les clubs ont engagé les premiers greenkeepers. Il s’agissait pour la plupart de greenkeepers «autodidactes» ou d’anciens agriculteurs qui mettaient leur terrain à disposition pour le golf et s’occupaient de l’entretien du parcours. Au milieu du 20e siècle, trois personnes suffisaient pour entretenir 18 trous, en tondant régulièrement la pelouse et en ajoutant de temps en temps un peu d’engrais et d’eau. Seuls quelques clubs, généralement renommés, pouvaient s’offrir les services d’un greenkeeper anglo-saxon ou américain formé.

Dans la chronique du Golfclub Arosa rédigée par Hans Danuser, on peut lire qu’en mai 1946, le premier contremaître de golf, appelé «golf-keeper», a été engagé pour les cinq mois d’été. Il s’agissait de Walter Scheuber, originaire d’Arosa. Il percevait un salaire de 650 francs par mois pour une journée de travail de dix heures. Donald Harradine avait conçu le parcours 9 trous et supervisé sa construction; Scheuber était sous ses ordres. Harradine laissait beaucoup de liberté aux greenkeepers d’Arosa et leur accordait toute sa confiance. Il se contentait de leur enseigner les directives nécessaires à leur travail. Au début, l’arrosage des greens était assuré à l’aide d’une boille à lait de 40 litres, qui servait à transporter l’eau vers les greens 2, 4, 5 et 7. A partir de 1960, la tonte à Arosa était motorisée, et à partir de 1965, une tondeuse de green motorisée était également disponible.

Franco Castelanelli, head greenkeeper du Lucerne Golf Club de 1951 à 1997, se souvient dans la chronique du club rédigée par Martin Holz à l’occasion du centenaire en 2003: «Je suis arrivé à Lucerne en 1951, à l’âge de 19 ans. Mon père y avait repris le poste de greenkeeper un an auparavant. Au cours des dix années suivantes, il m’a appris le métier de l’entretien des parcours. Nous étions trois ouvriers sur le terrain, le club ne pouvait pas s’offrir plus à l'époque.» Ils dormaient tous les trois dans une chambre du club house. «En 46 ans de travail comme greenkeeper, peu de choses ont changé dans l’entretien des parcours. A l’époque déjà, les greens et les fairways étaient tondus plusieurs fois par semaine, régulièrement fertilisés, arrosés et aérés. Un travail éreintant. La seule machine motorisée était un tracteur avec lequel nous tondions les fairways. Pour les greens et les roughs, en revanche, nous n’avons eu pendant des années que des tondeuses à main et des faux.» Si la pluie empêchait de tondre pendant plusieurs jours, «un deuxième ouvrier devait être attelé à la tondeuse à main avec une corde pour fournir une force de traction supplémentaire». Jusque dans les années 1970, l’arrosage des greens du Dietschiberg se faisait à la main à l'aide d’un arrosoir.

La chronique du Golfclub Arosa donne un aperçu du parc de machines des débuts: «Les premières machines utilisées pour l’entretien du terrain n’avaient pas de moteur... La tondeuse de green, par exemple, était une tondeuse à chocs de 60 cm de large. Elle ressemblait aux tondeuses à gazon sans moteur des temps modernes. Les fairways devaient également être tondus avec une tondeuse à chocs.» On trouve à ce sujet une jolie anecdote datant de 1958, racontée par Godi Lanz, alors greenkeeper: «Il nous fallait deux heures pour tondre le neuvième fairway. Pendant ses vacances, Hansjörg Zinsli, étudiant à Arosa, poussait la tondeuse en courant le long des fairways. Cela faisait partie de son entraînement de ski de fond pour l’hiver suivant.»

Dans la biographie de Donald Harradine on trouve des notes sur l’entretien des greens entre 1948 et 1972. L’architecte de golf d’origienn britannique s’était installé à Caslano (Tessin) et avait été chargé de gérer le parcours 9 trous de Lugano et d’agrandir le site de 9 trous supplémentaires. Götz Mecklenburg écrit à propos de cette époque: « Les problèmes liés à l’entretien des greens faisaient également partie du quotidien et devaient être résolus. Lorsque le millet a commencé à envahir les greens, Don a engagé une brigade de femmes qui ont éliminé le millet à la main, un travail fastidieux. Son épouse Babette avait plus de chance: elle était chargée de tondre les fairways avec un vieux tracteur dont il fallait remplir le réservoir d’eau de refroidissement toutes les dix minutes environ.»

Plus de machines, des exigences toujours plus élevées

A partir des années soixante, de plus en plus de machines ont été utilisées pour faciliter le travail des greenkeepers. Cela impliquait des coûts d’investissement élevés et un espace correspondant à l’atelier de maintenance. Lors de la construction du nouveau parcours, le Golfclub Interlaken-Unterseen a fait l’acquisition (en 1966) des machines suivantes: une tondeuse à gazon collective de marque Ransomes, une tondeuse à gazon à moteur Ransomes (modèle Auto-Certes) et une tondeuse à gazon à moteur Locke pour les avant-greens. Coût: 45’695 francs. Vingt ans plus tard, un nouvel atelier a été construit, car l’ancien était trop petit «pour le grand nombre de machines coûteuses nécessaires à l’entretien des fairways, des greens, des bunkers, etc.», selon la chronique du club. C’était l’èpoque de la deuxième moitié des années 1980, lorsque de nombreux clubs suisses ont agrandi leurs ateliers afin de pouvoir abriter leur précieux parc de machines et de disposer d’un espace pour leur entretien.

Franco Castelanelli se souvient des dernières années de son activité au Dietschiberg: «A cette époque, grâce aux nombreuses nouvelles machines, le travail n’était plus aussi pénible physiquement. Mais le temps de travail n’a guère diminué, car les exigences en matière d’état du terrain étaient de plus en plus élevées. De plus, les nouvelles machines confortables et les engrais sophistiqués ne garantissent pas des greens et des fairways parfaits. Même si les engrais sont aujourd’hui adaptés avec précision aux besoins spécifiques grâce à des analyses régulières des échantillons de sol, le bon moment pour la fertilisation reste le facteur décisif et donc aussi une question de chance.»

Jusque dans les années 1990, les produits phytosanitaires de synthèse à action systémique étaient utilisés sans trop de scrupules en Suisse. Martin Sax, conseiller en protection des végétaux et membre du comité de la Swiss Greenkeepers Association (SGA), se souvient: «Les greenkeepers pulvérisaient les mêmes produits que les agriculteurs. A l’époque, l’emballage indiquait les utilisations interdites d’un produit, tandis qu’aujourd’hui, l’étiquette précise les utilisations autorisées.» L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a répertorié sur son site (psm.admin.ch) tous les produits phytosanitaires autorisés en Suisse, en précisant comment, où et à quelle dose ils peuvent être utilisés.

La nature au centre des préoccupations

Au milieu des années 1990, la protection de la nature est devenue une priorité. Les greenkeepers et les responsables politiques ont commencé à se demander si l’utilisation des produits phytosanitaires et, par conséquent, le traitement de la nature étaient bénéfiques à long terme pour les terrains de golf et l’environnement. «A l’époque, les premiers produits destinés à soutenir et à renforcer les plantes sont apparus sur le marché. Depuis lors, l’objectif est d’avoir des plantes aussi résistantes que possible sur nos parcours. Nous luttons pour avoir des plantes fortes, et non plus contre les maladies», explique Martin Sax. L’utilisation d'engrais a également considérablement changé, voire diminué, au cours des deux premières décennies du 21e siècle. «A environ un tiers de la quantité habituelle auparavant», précise Martin Sax. Alors que dans les années 1990, on épandait encore 40 à 42 grammes d’azote pur par mètre carré et par an sur les greens, 10 à 15 grammes suffisent aujourd’hui, «mais uniquement en combinaison avec des fortifiants pour plantes». On a ainsi assisté à un passage des nutriments synthétiques aux nutriments biologiques.

Au début du nouveau millénaire, la technologie a fait des progrès importants. L’introduction des «green rollers» (rouleaux de greens) et des premiers aérateurs à grande vitesse constituent des étapes importantes. Ces deux innovations ont permis de gagner un temps considérable dans l’entretien des greens: le roulage ou le lissage des greens permet de ne les tondre qu’un jour sur deux sans nuire à la qualité du jeu. Les systèmes de nettoyage automatiques, les cabines à pression positive, les robots de ramassage des balles de practice et enfin les tondeuses robotisées permettent de travailler plus efficacement et de gagner du temps. «La technologie GPS, de plus en plus fiable, permet aux tondeuses sans conducteur de tondre pendant la nuit. L’optimisation surveillée par GPS de l’utilisation des machines, ainsi que la température du sol et le taux d’humidité de chaque green, également surveillés par GPS, associés bien sûr à des systèmes d’arrosage de haute précision, sont des avancées de notre époque», écrivait Daniel Schlup (Toro Suisse) en 1997. Au milieu des années 2000, les premiers golfs en Suisse ont commencé à utiliser la fertilisation guidée par GPS. Cela permet une utilisation extrêmement précise, économique et donc respectueuse de l’environnement des produits d’entretien.

En 2017, la Confédération a présenté son plan d’action pour les produits phytosanitaires, dont l’objectif est de réduire les risques de 50% d’ici 2027. En 2020, Swiss Golf a formulé l’objectif suivant dans sa stratégie Golf Course 2030 Switzerland: «2030: les exploitants de parcours de golf suisses sont en mesure de se passer de pesticides synthétiques.» Et d’ici 2035, le golf veut devenir totalement neutre en CO2 dans notre pays. 

Le savoir-faire et l’expérience restent indispensables

Yannick Weber, head greenkeeper au Golf & Country Club de Zurich, a expliqué en 2023 au magazine Swiss Golf en quoi consiste le métier moderne de greenkeeper: «La tonte n’est qu’une petite partie de notre travail – et son couronnement.» La tâche principale du greenkeeping est de gérer un terrain de sport qui ne se compose pas seulement de pelouses coupées court, entretenues de manière intensive et donc travaillées quotidiennement, mais aussi de surfaces exploitées de manière extensive. Ces dernières sont très précieuses du point de vue de la biodiversité et ne nécessitent pas d’entretien quotidien, mais régulier (taille des arbres en hiver, entretien des biotopes et des haies tout au long de l’année, etc.).

Entretenir un terrain de sport, c’est entrerenir le sol. «Nous travaillons de bas en haut, c’est-à-dire que nous commençons par le drainage et progressons vers la plante en passant par le système racinaire.» Décomposé en étapes, le travail consiste à aérer le sol evec un ameublissant en profondeur, à remplacer la terre avec une aérification au carottage, à contrôler la matière organique (feutre) et à observer les conditions météorologiques et la pression des maladies qui en résulte sur les graminées du gazon. Les greenkeepers y remédient en créant et en multipliant des populations de micro-organismes utiles tels que des bactéries et des champignons. «Lorsque ces micro-organismes sont actifs, l’entretien du terrain nécessite moins de ressources – engrais, eau, produits phytosanitaires.» Une fois arrivés à la surface du terrain, les greenkeepers s’occupent de l’entretien des bunkers et des travaux de détail (découpe des arroseurs, taille des bordures, nettoyage des surfaces herbeuses) avant de commencer la tonte.

Les greenkeepers ne s’occupent pas seulement des plantes et des pelouses, ils sont également responsables du système complexe d’irrigation et de drainage. «Aujourd’hui, l’irrigation est généralement commandée numériquement, mais l’homme doit alimenter l’ordinateur en données pour que l’arrosage automatique fonctionne efficacement», explique Yannick Weber. Pendant les mois chauds de l’été, les greens et les tees sont en outre arrosés à la main – «cela demande certes beaucoup de main-d’œuvre, mais permet d’économiser une grande quantité d’eau précieuse en réduisant l’irrigation automatique». L’entretien, l’assainissement et l’extension du réseau de drainage, qui évacue l’eau du terrain en période d’humidité, incombent également au greenkeeping.

En termes de temps consacré, le deuxième poste le plus important dans l’entretien des greens est l’atelier: 15% du travail y est effectué. Cela va du service et de la maintenance du parc de machines en hiver aux réparations et petites transformations des machines, en passant par l’affûtage des lames pendant la saison. Le travail administratif prend également beaucoup de temps: dans l’équipe de Yannick Weber, il représentait 8% du temps de travail total en 2022. Cela s’explique par le fait que «la numérisation nécessite une saisie régulière des données».

Aujourd’hui, les greenkeepers ne collectent pas seulement de nombreuses données, ils disposent également d’un volume croissant de données qu’ils doivent surveiller, et dont ils doivent tirer les bonnes conclusions et prendre les mesures qui s’imposent. «Actuellement, il faut un suivi météorologique plus détaillé et plus précis qu’il y a 30 ans», explique Johannes Vogt, head greenkeeper au Golf Club Klosters et président de la SGA de 2007 à 2012. En effet, les nutriments biologiques des plantes sont plus sensibles aux températures trop élevées ou trop basses, à la sécheresse et à l’humidité.

Les technologies les plus modernes peuvent aider le greenkeeping, mais elles ne pourront jamais remplacer l’expérience et le doigté d’un bon (head) greenkeeper. Après son départ à la retraite en 1997, Franco Castellanelli a dit: «Les graminées sont des êtres vivants très sensibles.» Il avait appris d’un ancien greenkeeper italien la règle selon laquelle la hauteur de coupe des greens ne devait être réduite que de 0,2 mm tous les dix jours. «J’ai fait d’excellentes expériences avec cette méthode. J’ai appris moi-même de nombreuses autres astuces au fil des ans et je les ai en partie transmises à mon successeur, s’il avait une oreille attentive.» Une autre règle d’or du greenkeeping stipule que l’herbe ne doit être coupée que d’un tiers de sa longueur (ou de sa hauteur) totale, mais que deux tiers de la longueur de l’herbe doivent rester intacts.

IGA – la Suisse, plaque tournante

L’histoire du greenkeeping en Suisse – et sur le continent européen – est aussi celle d’un nouveau métier. Si la Suisse a joué un rôle de pionnier en Europe en matière de formation et de perfectionnement des greenkeepers, c’est grâce à un homme: Donald Leslie Harradine (1911-1996). Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce Suisse d’adoption a construit de nombreux parcours de golf en Europe et tenait beaucoup à ce que ces installations soient entretenues de manière professionnelle. Harradine a très tôt compris que le travail des greenkeepers était d’une importance capitale pour un terrain de golf. Un terrain mal entretenu réduit le plaisir de jouer des golfeurs et diminue également les performances des architectes de golf, par exemple lorsque les aménagements du terrain ne sont pas clairement visibles après leur construction. Harradine avait toujours encouragé les greenkeepers à jouer eux-mêmes au golf et à discuter des zones d’atterrissage des balles. Cétait d’ailleurs l’une de ses phrases préférées: «Les dangers pour un parcours de golf sont l’eau, les engrais et le comité du club.»

Comme il nétait pas possible dans l’après-guerre d’apprendre le métier de greenkeeper dans une école, Don Harradine a pris en main la formation et a fondé l’International Greenkeeper Association (IGA) les 25 et 26 octobre 1969 à Caslano (Tessin). Elle regroupait des greenkeepers de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche et de France. L’IGA était une association de droit suisse et Don Harradine en était son premier président. Avec son épouse Babette Harradine, il organisait des journées de formation et de perfectionnement, ainsi que des cycles de formation et des assemblées générales auxquels participaient des greenkeepers de nombreux pays européens. A son apogée, l’IGA comptait plus de 500 membres et répondait de tous les greenkeepers d’Europe continentale.

A partir de 1970, l’IGA publiait trois fois par an un journal spécialisé, The International Greenkeeper, remplacé en 1998 par le Greenkeepers Journal, qui paraît encore aujourd’hui. Du 6 au 9 novembre 1970, la première réunion annuelle de l’IGA, considérée comme une occasion de formation continue, s’est tenue à Caslano. Au programme figuraient des conférences et des travaux pratiques. Les 68 participants venaient d’Autriche, d’Allemagne, d’talie, de Yougoslavie, de France et de Suisse. Un an plus tard, le premier cours de greenkeeping a été organisé (également à Caslano). Du 4 au 8 août 1975, le premier examen théorique et pratique a eu lieu à Ratisbonne (Allemagne), conformément au règlement d’examen de l’association écossaise des greenkeepers. Douze greenkeepers de quatre pays ont obtenu leur diplôme. Le participant suisse Jakob Kressig sen. du Golf Club Bad Ragaz a réussi l’examen. Donald Harradine était l’une des trois personnes responsables de la formation.

En 1980, l’IGA a eu pour la première fois l’occasion d’organiser un cours de greenkeeping à Papendal (Pays-Bas). En 1985, les participants au cours ont reçu pour la première fois le premier manuel de greenkeeping, comprenant 209 pages, traduit en allemand. Les diplômés devaient répondre aux questions pour chacun des 30 chapitres, et les greenkeepers qualifiés recevaient à la fin un «Certificate in Green-Keeping». Pierre Ambresin, Victor Haesler, François-Louis Rey, Bruno Edelmann, Josef Werlen et Rolf Ruchti étaient présents à Papendal et ont obtenu le certificat.

Les cours de greenkeeping organisés par l’IGA ont remporté un vif succès, mais il n’a pas été possible à l’époque d’obtenir la reconnaissance officielle du métier de greenkeeper. La collaboration avec l’école DEULA Rheinland à Kempen (Allemagne) a ouvert la voie à cette reconnaissance. Lorsque la Chambre d’agriculture de Rhénanie a approuvé le cours et les documents d’examen en 1988, cela a marqué une avancée décisive vers une formation professionnelle sanctionnée par un diplôme reconnu par l’État. En février 1989, la première formation a débuté à l’école DEULA Rheinland. Beni Kreier, du Golf & Country Club Schönenberg, fut le premier Suisse à obtenir son diplôme de greenkeeper certifié par l’Etat à la DEULA Rheinland en 1992.

Or l’IGA touchait à sa fin. Après le départ de Donald Harradine, responsable des traductions, des problèmes linguistiques ont fait que pratiquement seuls les greenkeepers des pays germanophones participaient encore aux réunions de l’IGA. Les greenkeepers et les exploitants d’installations ont cherché des possibilités de formation dans leurs propres pays. Cette évolution a remis en question les activités de l’IGA. Lors de la réunion de 1991, il a fallu constater que les greenkeepers autrichiens avaient fondé leur propre association. L'Allemagne a suivi en 1993. L’IGA a certes continué d’exister provisoirement, mais la dernière réunion avec des exposés techniques, des visites et le championnat de golf IGA a eu lieu à Interlaken en 1996. Afin de continuer à entretenir le réseau international et de poursuivre l’échange de connaissances au-delà des frontières nationales, les associations de greenkeepers ont lancé en 1999, après consultation de la famille Harradine, un tournoi de golf pour leurs membres: le Donald Harradine Memorial Trophy. Celui-ci se déroule désormais en alternance dans l’un des pays germanophones et toujours sur un parcours construit par Donald Harradine. Le tournoi sur invitation pour les greenkeepers a suscité beaucoup d’enthousiasme et les soirées étaient de grands événements sociaux, sans pour autant négliger l’échange de connaissances. Cependant, compte tenu du changement climatique et d’autres défis, il ne suffisait plus de jouer au golf ensemble.

Le premier Donald Harradine Memorial Trophy a eu lieu en 1999 à Seefeld (Autriche), puis Interlaken, Lenzerheide, Bad Ragaz et Arosa, entre autres, ont accueilli ce tournoi. Le dernier Donald Harradine Memorial Trophy a été disputé en 2016 à Bad Kleinkirchheim (Autriche), car le sponsoring manquait pour mettre sur pied d’autres éditions. Cependant, l’équipe de planification dirigée par Peter Harradine travaille à la relance du tournoi en 2026 sous le nom de «Don Harradine Memorial» et sous l’égide de la Fédération européenne des greenkeepers (FEGGA). L’objectif du Don Harradine Memorial est de transmettre de nouvelles connaissances sur l’entretien et la maintenance des terrains de golf comme surfaces intensives et extensives. 

La FEGGA a été fondée en mars 1996 à Amsterdam en tant qu’organisation à but non lucratif. Ses membres fondateurs provenaient de onze nations, dont la Suisse. L’association sert de plateforme de communication aux associations nationales de greenkeeping. Depuis sa création, la FEGGA n’a cessé de croître et joue désormais un rôle central dans le secteur du golf. Elle soutient la formation et le perfectionnement des greenkeepers et l’acceptation de la profession dans toute l’Europe. En outre, la FEGGA traite diverses questions d’actualité et représente les intérêts de ses membres dans le cadre de la législation européenne.

1991/1992: création de la Swiss Greenkeepers Association

Lors de la conférence de l’IGA à Düsseldorf en 1991, les greenkeepers suisses présents ont chargé Martin Gadient, directeur du Golfclub Interlaken-Unterseen, avec le soutien de Gilbert Ayer, de prendre contact avec le comité de l’association francophone des greenkeepers suisses et de travailler à la création d’une association nationale. Sept greenkeepers (Bruno Edelmann, Erwin Heim, Josef Ladner, Walter Lisibach, Andreas Regez, Rolf Ruchti, Josef Werlen) et deux invités ont accepté l’invitation de Martin Gadient à l’assemblée constitutive (au buffet de la gare de Zurich) le 3 mars 1992.

Entre-temps, on avait appris que les greenkeepers de Suisse romande avaient fondé une association à Marseille en novembre 1991. Convaincus qu’il ne devait y avoir qu’une seule organisation de greenkeepers en Suisse malgré la barrière linguistique, ils ont cherché à entrer en contact avec leurs collègues romands. Les deux comités se sont réunis le 23 mars 1992 au Môtel de la Gruyère pour fonder l’association suisse des greenkeepers. Celle-ci a été baptisée Swiss Greenkeeper’s Association (SGA). Etaient présents lors de cette séance historique: Sitzung François-Louis Rey (Crans-sur-Sierre), Ian Tomlinson (Lausanne), Pierre Ambresin (Villars), Gilbert Ayer (représentant des fournisseurs), Martin Gadient (Interlaken-Unterseen), Erwin Heim (Bad Ragaz) et Sepp Werlen (Zumikon).

Il a été convenu que les sections auraient les mêmes statuts, mais seraient autonomes dans l’élaboration de leur programme. Les comités devaient se réunir au moins une fois par an et l’un des deux présidents de section devait assumer le rôle de président central et représenter la SGA à l’extérieur. Martin Gadient a été élu premier président central, suivi par François-Louis Rey (aujourd’hui président d’honneur de la SGA). Tous deux ont présidé jusqu’en 2004 les sections de Suisse alémanique et de Suisse romande et ont dirigé la SGA nationale pendant toute cette période. La présidence centrale alternait périodiquement entre la Suisse romande et la Suisse alémanique.

Une évolution réjouissante

La SGA a connu un développement réjouissant: fin 1993, 39 greenkeepers étaient déjà inscrits comme membres actifs dans toute la Suisse et 27 des 45 clubs de golf de l’époque soutenaient l’association. La première manifestation commune des deux sections a été la première expo Greenkeeping, qui s’est dérouleé le 12 avril 1994 (par mauvais temps) sur le parcours du Golfclub Interlaken-Unterseen. Lors de cette journée d’exposition, environ 200 visiteurs ont pu découvrir les offres d’une quinzaine d’entreprises – un succès tant pour les greenkeepers que pour les entreprises. Cette manifestation a lieu tous les deux ans depuis lors et jouit d’une grande popularité. Depuis 2004, elle n’a plus lieu sur un terrain de golf, mais dans les halls du centre d’exposition Thun-Expo. Aujourd’hui, environ 35 entreprises profitent de cette occasion pour se présenter à quelque 350 visiteurs.

Le 27 octobre 1994, l’assemblée générale de la SGA alémanique a été associée pour la première fois à une journée de formation. C’est ainsi qu’est née la conférence d’automne, qui se tient encore aujourd’hui et connaît un grand succès. La SGA a continué à se développer. En 1999, elle comptait 90 membres actifs. En Suisse romande également, le développement a été réjouissant. Les membres ont participé chaque année à des séminaires afin de compléter leur formation et tous sont abonnés à des revues spécialisées –par exemple, le Green Magazin – et à des ouvrages spécialisés. Le livre d’Alain Dehaye sur les Maladies du gazon est une lecture obligatoire pour tous les greenkeepers de Suisse romande. Dès le début, la section francophone a été en contact avec des personnes actives dans le domaine de l’entretien des greens (par exemple les écoles de Neuvic-Dunkerque) et des espaces verts. De 11 membres en 1991, le nombre de membres romands est passé à 43 en cinq ans. Lors du 25e anniversaire en 2017, la section comptait environ 90 membres. Il faut noter que tous les clubs de golf de Suisse romande et du canton du Tessin ont toujours soutenu l’association, ce qui n’était pas le cas en Suisse alémanique.

En 1998, les Romands se sont révélés précurseurs en matière de formation continue. François-Louis Rey, Jean-Bernard Mittaz et Pierre Ambresin ont obtenu en 2002 le certificat Golf Course Superintendent du GTC (Greenkeepers’ Training Committee). En 2003, ce trio s’est rendu à Manchester et a été reconnu comme assesseurs par le responsable de la formation du GTC, David Golding, et le président de la FEGGA, Dean Cleaver.

Passages de témoin

Avec les démissions du président Martin Gadient et du secrétaire Carlos Lang en 2004, une époque a pris fin en Suisse alémanique. Gadient avait apporté le professionnalisme nécessaire à l’association. Son successeur fut Ruedi Eberle, directeur d’exploitation et head greenkeeper au Golf Gonten Appenzell. Il resta en fonction jusqu’en 2007, puis Johannes Vogt (GC Klosters) prit la présidence et dirigea l’association jusqu’en 2012. Les deux Donald Harradine Memorial Trophies, qu’il a mis sur pied (Bad Ragaz 2008 et Arosa 2012), avec plus de 130 greenkeepers et invités venus de huit pays, ont marqué son mandat. Mais le point d’orgue fut la conférence FEGGA 2013, que son équipe a eu le privilège d’organiser à Zurich.

En Suisse romande également, un passage de témoin a eu lieu en 2004: François-Louis Rey (superintendant GC Crans sur Sierre, puis Ascona) a démissionné comme président de la section romande et de la SGA. Au cours de sa présidence active, il avait organisé divers séminaires pour la formation des head greenkeepers, des mécaniciens et des jardiniers et avait toujours oeuvré pour que la formation dans tous les domaines de la gestion des terrains de golf soit une priorité. Pierre Ambresin (superintendant GC Villars, puis Montreux) a pris la relève pour les cinq années suivantes en tant que président central, ainsi que trésorier et président de la section romande. Depuis la création de l’association, il s’est engagé dans la formation et l’organisation des championnats annuels des greenkeepers. En 1998, Ambresin a représenté la Suisse lors du grand tournoi international de match play des greenkeepers, la Hayter Ltd. International Cup Contacts, à Atlanta (USA). Ce tournoi se joue en format Ryder Cup (continent américain contre le reste du monde). De 2008 à 2012, Renato Milani (head greenkeeper au GC Verbier) a présidé la section romande et géré les finances de la caisse centrale.

En Suisse alémanique, Johannes Vogt a cédé la présidence à Marcel Siegfried (GC Bad Ragaz) en 2012, après cinq années couronnées de succès. La même année, Norbert Daverat (GCC Neuchâtel) a assumé é la fois la présidence romande et centrale. A l’occasion du 25e anniversaire de la SGA, Marcel Siegfried a déclaré: «Les greenkeepers suisses ont développé une nouvelle confiance en soi et sont aujourd’hui appréciés comme des professionnels compétents et des interlocuteurs privilégiés.» A l’automne 2017, Siegfried a cédé la présidence à Pascal Guyot, head greenkeeper au Golfparc Moossee. Ce dernier est également resté cinq ans en fonction et a passé le relais à l’automne 2022 à Lukas Andreossi, head greenkeeper au Golf Trainings-Park Augwil.

Depuis 2010, la SGA cherche à collaborer avec ses collègues du monde du football. Les défis sur les terrains de golf et de foot sont similaires: dans les deux cas, il faut entretenir le gazon. Martin Sax a fortement encouragé cette collaboration pendant son mandat au sein du comité de la SGA (2010-2022). Depuis, divers stades de football (Zurich, Bâle, Lucerne, Saint-Gall) ainsi que des terrains de foot locaux et leurs greenkeepers/gardiens du terrain sont membres de la SGA.

Les greenkeepers sont désormais bien intégrés à Swiss Golf et y sont représentés au sein de la commission Durabilité: depuis 2018 par Franziska Iten, head greenkeeper au GC Entfelden, et depuis 2022 par Yannick Weber, course manager au Golf & Country Club Zurich-Zumikon.

Fusion en 2025

En 2025, les structures de la Swiss Greenkeeper’s Association ont été adaptées de manière à fusionner les deux sections en une seule association et à représenter l’allemand et le français de manière presque égale au sein du comité. L’association nationale est présidée par Lukas Andreossi (état août 2025). Laurent Liatard, head greenkeeper au GC Lausanne et membre du groupe de travail Swiss Golf sur la gestion durable des pelouses, occupe le poste de vice-président.

Cette fusion représente un tournant culturel pour le greenkeeping en Suisse. Après avoir été fondée conjointement par des Suisses alémaniques et romands il y a 33 ans, la SGA s’était séparée sur le plan organisationnel, mais elle est désormais réunie. Cela renforcera globalement le greenkeeping en Suisse. Au premier trimestre 2025, la SGA et Swiss Golf ont signé un accord de prestations: la fédération met à disposition des moyens financiers pour la formation et le perfectionnement des greenkeepers, qui apportent en contrepartie leur expertise à la commission Durabilité et aux groupes de travail de Swiss Golf. En outre, la SGA a posé les jalons de la professionnalisation et a mandaté en 2025 le SANU (Station suisse d’études pour la protection de la nature et de l’environnement) pour diriger le bureau de la SGA.

Focus sur la formation et le perfectionnement

Dans la publication commémorative des 25 ans de la SGA, Peter Harradine, architecte de golf et fils de Donald, a rédigé un message fort: «Les possibilités de formation pour les greenkeepers sont la base essentielle pour que cette profession soit et reste crédible. Pendant longtemps, les greenkeepers ont été considérés comme quantité négligeable dans les golfs d’Europe continentale. Il était et il est toujours difficile de transmettre le savoir des greenkeepers aux comités.»

La formation et le perfectionnement des greenkeepers a toujours été un souci fondamental pour la SGA. Dès la première réunion du comité central en 1992, Ian Tomlinson (head greenkeeper GC Lausanne) a suggéré de créer un certificat officiel pour les collaborateurs suisses de longue date travaillant sur les terrains de golf. Les employés étrangers n’avaient eux non plus de preuve de leurs années de travail sur les parcours suisses lorsqu’ils rentraient dans leur pays d’origine. La SGA a décidé de s’inspirer de la formation britannique, à savoir le Greenkeepers Training Committee (GTC), qui se concentre principalement sur les activités pratiques et ne prévoit que peu de théorie ou de cours. En 1996, la SGA a reçu David Golding (directeur du GTC britannique), qui a confirmé la certification du programme de formation suisse par le GTC. Cela était important, car c’était le seul moyen de garantir que l’ASG reconnaisse et soutienne la formation de la SGA. Un partenaire compétent a été trouvé en la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW). Gilbert Ayer (chef formation) a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme d’enseignement à l’époque. Cette formation a été maintenue jusqu’en 2014, puis remplacée par une formation développée en collaboration avec JardinSuisses.

L’objectif premier de la SGA a toujours été que la formation et le perfectionnement aient lieu dans des écoles reconnues. Ainsi, de nombreux greenkeepers suisses ont été formés à l’école DEULA Rheinland et par l’Association française des personnels d’entretien des terrains de golf (AGREF).

Étapes importantes dans la formation professionnelle

A l’automne 1994, sous la direction de Bruno Edelmann, la SGA a organisé la première formation continue sur le thème de l’abattage, des règles de base, des outils, de la connaissance des tronçonneuses et de la prévention des accidents. Quelque 38 greenkeepers alémaniques ont participé à ce séminaire sur le parcours de l’OSGC Niederbüren.

L’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) a mis en vigueur trois nouvelles ordonnances en 1993. L’autorisation spéciale pour l’utilisation de produits phytosanitaires devait désormais être obtenue par chaque head greenkeeper de Suisse par le biais d’un examen. En 1995, la SGA a organisé, en collaboration avec la SANU (sanu future learning ag), un cours spécial pour les head greenkeepers en allemand et en français, suivi d’un examen final; 22 participants ont obtenu l’«autorisation spéciale pour domaines particuliers» (art. 45 de l’ordonnance sur les substances dangereuses pour l’environnement). Lorsque l’OFEFP a reconnu en novembre 1995 l’examen international de protection des végétaux passé à la DEULA Rheinland par des participants suisses, cela a eu un effet rétroactif à partir de 1990.

En 1996, Bruno Edelmann a été le premier greenkeeper suisse à être nommé examinateur par la DEULA Rheinland et élu par la Chambre d’agriculture de Rhénanie pour faire partie du jury de l’examen de formation continue de greenkeeper-agronome spécialisé dans l’entretien de parcours de golf.

En 1997, le premier greenkeeper suisse a été admis à l’examen de spécialiste agricole en entretien des terrains de golf à la DEULA Bayern à Freising. Le 22 avril 1997, la première formation menant au «Certificate in Greenkeeping» de la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) a démarré à Wädenswil. Le nouveau certificat en entretien des terrains de golf a été délivré et reconnu par la SGA, le GTC et l’ASG. A l’occasion de la conférence  du 22 octobre 1998 à Merlischachen, les sept premiers certificats de l’association suisse ont pu être remis. La section romande a organisé sa formation selon le même programme que le GTC et a également remis des diplômes en 1998. De nombreux greenkeepers ont profité de l’occasion pour suivre une formation en Suisse. Le besoin d’une profession reconnue en Suisse s’est fait sentir et de nouvelles structures ont donc été mises en place.

Au cours de l’hiver 2000/2001, la DEULA Bayern a lancé la première formation continue de course manager / head greenkeeper certifié par l’État. En 2003, Claudio Valaulta (Domat/Ems) a été le premier Suisse à obtenir son diplôme à la DEULA Rheinland.

Fin 2003, une délégation de la SGA, dirigée par Erich Steiner, architecte de golf à Thoune, a rencontré David Golding (GTC) et Dean Cleaver (FEGGA) à Manchester (Grande-Bretagne). La discussion portait sur la traduction de la norme britannique relative à la formation de greenkeeper de niveau 3. Jean-Bernard Mittaz, François-Louis Rey et Pierre Ambresin ont été désignés comme experts d’examen par le GTC.

Don Harradine (1911-1996)

Donald Leslie Harradine est né en 1911 à Enfield (Londres) et a grandi auprès de sa mère et de son beau-père Albert Hockey, qui avait ouvert l’une des toutes premières écoles de golf indoor dans le grand magasin Harrods et fabriquait des clubs de golf. Jusqu’à l’âge de 18 ans, «Don» portait le nom de famille de son beau-père. Dès son plus jeune âge, il s’intéressait à l’architecture des terrains de golf et se plongeait dans la littérature consacrée à ce sport qu’il preatiquait passionnément: il était un golfeur scratch.

Ne trouvant pas d’emploi dans le domaine du golf en Angleterre, Hockey s’nstalla avec sa famille sur le continent dans les années 1920. Auparavant, il avait reçu la mission à Bad Ragaz de transformer les 4 trous existants en un véritable parcours de 9 trous. C’est là que Donald Harradine, alors âgé de 14 ans, s’est intéressé pour la première fois au design de parcours de golf en tant qu’assistant de son beau-père. Pendant la phase de construction du parcours de Ragaz, Hockey est retourné à Londres, tandis que Harradine resta en Suisse et fonda en 1929 son entreprise Harradine Golf.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Harradine s’installa à Berne, où il travailla pour l’ambassade britannique et put mettre à profit ses connaissances linguistiques. Il était également greenkeeper, pro et caddiemaster au Golfclub Berne, dont le terrain était alors situé au Gurten. Harradine était un bon skieur et fit la connaissance de la Bernoise Babette Schletti en montant au téléski. Ils se marièrent, fondèrent une famille et s’associèrent également sur le plan professionnel. Babette Harradine devint manager de son mari, et c’est grâce à elle qu’il a pu gérer ses divers contrats de planification en Suisse et à l’étranger. La jeune famille vécut à Berne jusqu’en 1948, puis Donald Harradine reçut une offre de Lugano et la famille déménagea à Caslano. Aujourd’hui encore, cette localité du Tessin est le port d’attache de Harradine Golf. C’est désormais son fils Peter (*1945) et son petit-fils Michael Harradine (*1983) qui dirigent l’entreprise.

Bien qu’il parlait couramment le suisse allemand, Donald Harradine n’a jamais demandé la nationalité suisse. «Il ne voulait pas devenir un Suisse ‘de façade’ et est resté fier d’être anglais jusqu’à sa mort, le 26 septembre 1996 à Caslano. Mon père était le seul ‘étranger‘ de notre famille», raconte aujourdhui son fils Peter en riant.

Don Harradine a dessiné et construit 107 terrains de golf dans le monde entier, dont 17 en Suisse. À cela s’ajoutent six parcours en Suisse qui ont été planifiés mais jamais réalisés – dont Savièse, Ste. Croix et Sion en Suisse romande. 

Abkürzungen

ZS Zivilschutz
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ZS Zivilschutz
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